depuis quelques jours, un dessinateur et un scénariste, expliquent pourquoi ils ont décidé d'arrêter ce métier. Du coup, j'ai envie d'expliquer pourquoi je le continue.

 

 

"J'ai décidé de continuer à pratiquer ce métier... malgré presque 3 ans de doute et de tentation d'arrêter, je me dis que non, je continue jusqu'à ce que mort s'ensuive... parce que c'est le métier que je voulais faire quand j'étais petit et que je le fais. Et rien que ça, déjà, ça me parait abolir tous les sacrifices du monde...

Il y a encore 15 jours, je disais à une copine que j'allais peut être arréter d'écrire, que j'étais découragé, que ça servait à quoi tout ça, et pui...s, le lendemain matin, j'ai reçu un mot de quelqu'un que je ne connais pas, mais qui elle connait mes livres... le mot finissait comme ça:
"Merci beaucoup, j'espère que lors de vos moments de doute, vous pensez à tous ces enfants, ados, adultes qui attendent vos histoires ... et qui lisent, relisent, rerelisent vos livres."

j'avais oublié que des gens me lisaient.

et puis vu que tout le monde veut arréter depuis deux jours, il faut bien qu'il y en ait deux ou trois qui continuent!

et puis, je me suis rappelé aussi que je n'avais ni patron ni horaires, que je me promenais quand les autres étaient au bureau, que je pouvais travailler en révassant, en marchant ou en travaillant (des fois quand même), que je pouvais aussi travailler avec des copains ou des gens que j'admirais, que je faisais rire les gosses, des fois, et pas toujours à,mes dépens, et que pour draguer les filles, c'est aussi bien d'écrire des livres que de couper du kebab...

alors oui, j'ai les boules quand la comptable me dit que je dois attendre un mois avant de toucher mes 2000 balles parce que tout le monde est en vacances, oui j'ai les boules quand un éditeur veut publier ma bd et puis finalement non un an plus tard, oui j'ai les boules quand un libraire me dit que mes bouquins sont dans la réserve et qu'elle les sort si on les lui demande, bien sur que ça fout les glandes... mais bon, j'ai bossé à l'usine, en magasin, dans un journal, sur des chantiers et j'avais aussi les boules, sauf qu'il me manquait l'essentiel pour supporter ces boules: la liberté, putain! j'ai vu mon père trimer à l'usine, se vouter au fil des ans... alors moi, j'aurais pas le bol du siècle de faire ça comme boulot? putain, je rendrais ma place pour rien au monde!

Alors tant pis pour les galères, je continue d'écrire des livres!"