9782812606694_1_75Bien sur, quand j'écris un livre, il y a l'histoire, mais plus important que l'histoire, il y a la manière dont je la raconte. Je me suis rendu compte qu'à chaque nouveau livre, je cherche à avancer dans mon style.  A répondre à une question purement technique, ou professionnelle que je me pose. Et bien plus que le fond, je cherche la forme. Une fois trouvée la forme, le fond viendra. Je caricature, mais l'essentiel est là.

Par exemple, ça faisait des années que je voulais écrire un livre sur fond de seconde guerre mondiale. Mais si je n'avais pas eu cette idée de raconter "l'histoire de clara" avec 10 points de vue différents, je ne l'aurais pas écrit. C'est le style qui a amené le livre, et porté le thème, pas l'inverse.

Cette question, c'est la même depuis plus de 28 ans que je publie: comment rendre l'écriture vivante

A chaque livre, donc, je cherche à creuser mon style, à aller plus loin dans ma recherche que le livre précédent. Oui, je sais, c'est sérieux ce que je raconte, mais rassurez vous, le livre ne l'est pas. Ceux qui suivent mes livres le savent, un de mes dadas, c'est d'écrire le plus librement possible, avec le ton le plus naturel possible, que l'écriture se voit le moins possible, qu'à la fin du livre le gamin qui a lu n'a pas eu l'impression de lire un livre mais de parler avec un copain... alors, j'ai encore un peu plus libéré mon écriture, et essayé encore un peu plus de faire en sorte que le style devienne invisible. bien sur, c'est un combat perdu d'avance, un livre sera toujours un livre et ne fera que singer le langage parlé: mais bon, j'essaie au moins de m'en approcher le plus possible, d'essayer d'être dans la tête d'un ado de 15 ans et demis...

Dans "ma tronche en slip", on retrouve Benjamin, le gamin de plusieurs livres au rouergue , qui a grandi. Il a 15 ans, et il a une furieuse envie de baiser... il a du bol, il est pas trop moche, pas trop bête, c'est dans ses cordes. Il va recevoir un sacré coup de pouce. Une nana va le répèrer dans la rue pour qu'il pose pour une série de photos de pub, pour une marque de slip...

En l'écrivant, je me suis rappelé d'un bouqin de jacques lanzmann, "le tétard" où le personnage de 13 ans , juif caché pendant la guerre, avait l'obsession de faire l'amour avant de mourir. Mon personnage a cette obssesion là, mais sans le danger de la guerre: il ne pense qu'à ça: tirer son coup. Et en attendant , il se la touche, et pas qu'un peu.

Et franchement, que celui qui me critique d'écrire ça se souvienne de ses 15 ans...

C'est un bouquin sans aucune morale: benjamin veut gagner de l'argent facilement, se touche toute la journée, lance du "je suis pas un pd" toute la journée... C'est juste un bouquin qui parle d'un ado normal, ni plus obsédé ni plus branleur ni plus égoïste que la moyenne... normal... comme nous on était, quoi...

c'est marrant, je risque d'avoir les mêmes soucis que j'ai quand je truffe mes lvres de gros mots... alors que dans tous les autres médias, il n'y a aucune retenue (cinoche, bd, mangas, télé, jeux vidéos...), on demande aux romanciers de faire attention quand ils écrivent pour les ados... ce que j'essaie d'expliquer, c'est que les quelques scènes un peu marrantes, genre branlette ou vannages épicés, risquent de choquer, alors que dans un film ou une bd, on y aurait même pas fait gaffe...

En tout cas, moi je suis content, déjà et d'une parce que c'était très cool à écrire, et parce que j'ai pu avancer un peu dans ma fameuse recherche que j'expliquais au débat: écrire sans en avoir l'air...

Voilà, j'espère juste que les ados vont bien se marrer, ce qui n'est déjà pas si mal...