Un autre début. "Bill et Lawrence". Incapable de savoir pourquoi j'ai écrit ça, ce que j'avais derrière la tête. J'imagine que j'avais l'idée de faire un monde de guerre civile, où les adultes avaient décidé d'éliminer les enfants... en tout cas, voilà un court début, juste 20 lignes d'un texte jamais poursuivi.

"Bill et Lawrence."

Les enfants s'étaient dispersés au premier coup de feu. Lawrence, le garçon, et Bill, la fille, avaient trouvé refuge derrière un gros tonneau vide, collés l'un à l'autre, ainsi qu'ils l'étaient depuis leur naissance.

-Chut, ils approchent, dit Bill, la fille.

-Chut, répondit Lawrence, le garçon. Ils approchent.

Les policiers-voleurs approchaient en silence. Leur oreille était fine: ils savaient reconnaitre un battement de coeur de chien d'un battement de coeur de chat. Mais Lawrence et Bill n'étaient ni chien ni chat, et s'étaient entrainé dans la baignoire du 87, Elephant street, à bloquer leur respiration aussi longtemps que nécessaire.

Les policiers-voleurs passèrent leur chemin. Leur chef rangea dans son pantalon sa "clé à tuer les enfants", et tous ses hommes firent de même.

-C'est dommage, tout de même, soupira "l'un d'entre eux".

-Je sais, répondit le chef. Tu n'as qu'à utiliser ton arme sur cette vieille femme...

-Celle qui boit dans la rue?

-Celle qui boit dans la rue, c'est interdit. Comme ça, on ne sera pas venus pour rien.

"L'un d'entre eux" s'approcha de le vieille. Il brandit sa clé et la colla fermement contre le vieux dos de la vieille dame. Elle n'eut qu'un petit cri de surprise, celui qu'on fait parfois quand un petit oiseau vous fait une petite crotte sur le nez, et s'écroula net. Morte de surprise.

-Voilà, on n’est pas venus pour rien, dit-il.

Son chef sourit légèrement. Il faudrait changer le nom de cette nouvelle arme, songea t-il… il faudrait l’appeler « la clé à tuer les enfants ET les vieilles. » Décidément, il se trouvait drôle. Très drôle.