Au moment de rédiger mes voeux, je me suis dit cette année qu'il faudrait qu'ils reflètent un peu la haute valeur morale qui m'anime, surtout quand il s'agit d'éduquer les chères têtes blondes, (les têtes brunes moins) et que avant d'être un écrivain je suis bien entendu un éducateur chargé de transmettre mes valeurs de partage et de tolérance à ces pauvres gosses qui ne m'ont rien demandé mais après tout ils n'avaient qu'à être des adultes comme tout le monde!

Voici donc pour bien démarrer 2013 une histoire initiatique sur la transmission le sens des valeurs et tout le bazar!

bonne lecture, et surtout

BONNE ANNEE !!!!

 

Maman Lapin avait 5 petits.  

Le printemps avait été chaud. Du coup, aux premiers jours de l’hiver, maman Lapin et son mari, Jacques, Jacques Lapin, avaient du nourrir avec amour et couver avec tendresse leurs 5 petits lapins, pour que, les beaux jours revenus, ils sachent se débrouiller seuls dans la nature sauvage.

Maman et Jacques Lapin aimaient chacun de leurs enfants avec amour, même si chacun était différent. Claude Lapin, l’ainé, était fort et courageux. Marielle Lapin était coquette, Jean-Jacques Lapin était tout le portrait de son père, et Aboubacar Lapin était tout noir.

Bon, il y avait bien Régis Lapin, qui était un peu ... comment dire... un peu concon. Un peu gueulard. Un peu casse bonbons, quoi. Déjà, à la naissance, on entendait que lui. Toujours à crier, toujours à pleurer. En grandissant, ce fut encore pire. Jamais content, toujours un truc qui cloche...

-J’aime pas les carottes !

-Mais Régis, tous les lapins aiment les carottes, on n’a jamais vu de petit lapin qui n’aime pas les carottes, même les lapins préhistoriques mangeaient des carottes ! des carottes préhistoriques…

-Bon, d’accord, je veux bien manger ma carotte, mais alors avec beaucoup de gruyère et de crème !

Et c’était comme ça pour tout.

Bientôt les beaux jours revinrent. La neige avait fondu, les premières fleurs poussaient dans les champs. Bref, c’était le printemps. Les 5 petits lapins étaient devenus des jeunes lapins forts prêts à affronter la nature.

Le premier à vouloir sortir de son terrier et découvrir le vaste monde fut Claude Lapin. Bravement, il sortit son museau, puis ses oreilles, puis ses quatre petites pattes, et enfin sa queue en tire-bouchon. Ah suis-je bête la queue en tire-bouchon c’est pour les cochons.

Il fit plusieurs petits bonds et gravit en haut de la colline.

-Ah c’que ça fait du bien de respirer l’air pur !

Ce furent ses premières et dernières paroles. Un grand aigle qui vit ce beau petit lapin, fort et vigoureux, l’attrapa et le mangea. Miam.

Le deuxième des petits lapins à affronter le monde fut Marielle Lapin. Mon dieu qu’elle était jolie, avec ses jolies petites oreilles, ses petites pattes et son petit museau.

Elle fit trois jolis petits sauts dehors, se recoiffa, trois autres petits sauts, se recoiffa encore, à nouveau trois sauts, se remaquilla, se recoiffa, bougea joliment son petit derrière en soupirant que oh non, jamais elle n’oserait grimper en haut de la colline, qu’elle n’était même pas coiffée.

Ce furent ses dernières paroles. Un renard qui l’attendait caché dans un bosquet, lui sauta dessus, la mangea. Miam. 

Le troisième petit lapin à tenter l’aventure fut Jean-Jacques Lapin.

Je vais bien faire comme papa m’a dit, dit Jean-Jacques. Il fit trois petits sauts dans l’herbe haute, regarda bien à gauche, bien à droite, chercha partout un petit bonhomme vert, ne le trouva pas, et se fit manger par un gros animal dont je ne me rappelle jamais le nom et qui passait par là, mais si vous savez les animaux qui gueulent tout le temps, qui font houhouhou et tout le bazar !!!

Ah oui, un loup…

Monsieur et madame Lapin commençaient à se sentir mal. Déjà la mort de Claude fut un coup dur, puis celle de Marielle Lapin, si jolie, et enfin le pauvre jean jacques. Monsieur et madame lapin avaient du mal à faire le deuil… pourtant, ils les avaient vraiment super préparé pour leur grande sortie hors du terrier. Ils avaient même acheté des livres exprès, c’est dire.

Ils avaient du mal à faire le deuil.

Pour couronner le tout, il ne restait plus que le noir et le tout concon…

Aboubacar Lapin fut le quatrième lapin à tenter une sortie dans le monde.

Il fit trois petits bonds, renifla un peu autour de lui. Pris de confiance, il fit à nouveau des petits bonds et se trouva bientôt en haut de la colline.

Rien ne se passa. Ni buse, ni renard, ni corbeau ni rien du tout. Personne ne venait le manger. Aboubacar lapin se vexa :

-Alors quoi, vous ne voulez pas me manger parce que je suis différent, c’est ça ? c’est parce que je suis noir, c’est ça ? Bande de racistes !

Un aigle royal connu pour sa tolérance fondit alors sur le malheureux petit lapin, et le mangea.

-Oh mais si je suis très sensible à tout ce qui est différent, moi…

Miam miam.

Il ne restait plus que le petit lapin casse bonbons.

-Nooon, j’veux pas sortir, et pourquoi je sortirais d’ailleurs non j’en ai rien à foutre, je suis très bien dans mon terrier, moi, j’ai besoin de personne, et puis de toutes façons, j’ai pas envie de découvrir le vaste monde, c’est tous des cons, et puis…

-Et l’herbe verte, petit lapin, tu n’as pas envie de sauter dans l’herbe verte ?

-J’aime pas le vert.

-Et sentir le vent sur tes narines, les odeurs de fleurs et de miel ?

-Si tu savais comme je m’en fous…

Papa et maman lapin ne savaient plus quoi faire, plus quoi dire… quand papa lapin eut une idée :

-Et rencontrer les petites lapines, tu n’as pas envie de rencontrer des petites lapines ?

Oui. Bon. D’accord. Pourquoi pas. Ok pour les petites lapines. Régis Lapin sortit une oreille puis deux dehors. Il fit trois petits bonds. Méfiants, il regardait partout autour de lui.

-Ouais, parce que j’ai pas envie de me faire bananer, moi !

Survint un renard qui…

-Ouais, je te vois venir, toi, t’as encore un bout d’oreille de ma sœur qui sort de ta gueule, si tu crois que tu me fais peur, de toutes façons, avec ta tronche de rouquin tu vas jamais te trouver de renarde…

-Mais je…

-Oui oui, je te vois venir, tu vas me sortir la grande tirade sur la loi de la nature, que les forts mangent les faibles et tout le baratin, mais t’as de la chance que je sois qu’un petit lapin, sinon, je démonterais ta tête de renard…

-Mais, je vous jure que…

-Ah il jure, maintenant ! on aura tout vu ! un renard qui jure ! vous ètes bien tous les mêmes, hein, en fait vous valez pas mieux que les loups, hein, on dit les loups les loups, mais les renards c’est tout mafia et compagnie !

-Pffff, il me prend la tête lui, je préfère sauter un repas.

Et voilà comment notre héros Gilles Lapin fit son entrée dans le vaste monde. Son papa et sa maman étaient fiers de lui.

Bien sur ce n’était pas le plus fort, ni le plus joli, ni le plus obéissant, ni le plus différent… mais au moins, il était vivant, lui…

Petit lapin était fin prêt pour rencontrer les petites lapines.

 

 

 

Moralité : quand t‘es pas fort, pas beau, pas obéissant et un peu comme tout le monde, avoir une grande gueule, des fois, c’est bien.