9782070629169

 

 

 

La fille verte. Illustrations de Camilla Engmann. Gallimard-Giboulées. (graphisme de Christophe Hermellin, publié par Colline faure-poirée)

En l'an 2 000, j'avais pas un rond, je vivais dans une toute petite piaule, à Rennes, un 18 m2 au rez-de-chaussée qui donnait sur une enfilade de jardins... un petit muret, une cabane, des chats en pagaille, des fleurs, des grillages, des voisins, des voisines. Je n'étais pas encore écrivain, mais c'était pas loin. J'étais venu me refaire une santé à rennes, après une séparation... d'ailleurs, la première version du texte commençait comme ça: "Je me suis retrouvé planté dans le jardin." Faut dire que ce jardin agissait sur mon système. Je m'y sentais bien, tellement bien, que c'est là, après des années de doutes, que j'avais réussi à me remettre à écrire. D'ailleurs, la deuxième version du texte commençait par un déménagement... j'étais au RMI, et pourtant, je vivais dans un vrai petit paradis: un cocon, en fait, entouré de buissons chaleureux et couvert par une dizaine de voisins et de voisines. J'avais, sur un coup de tête salvateur, quitté la chaine de magasins qui m'embauchait et voulait me propulser à la tête d'une de ses franchises, et j'avais décidé de faire de ce petit endroit pourri et charmant la base de mon retour sur terre... j'écrivais coup sur coup plusieurs livres, "km 0", "la chauffeuse de bus" et deux ou trois petits autres trucs, et en cachette, presque en cachette, un truc bancal, intime et maladroit: "le jardin secret". Le jeune mec planté là s'était transformé en jeune ado transplantée.

Ce livre commence comme ça:  "Mon frère et moi sommes entrés dans le coffre à 5 heures du matin. La voiture était grise mais de l'intérieur ça ne se voyait pas."

C'est l'histoire d'une jeune fille de 13 ans, mais je crois aussi que c'est le livre le plus autobiographique que j'ai jamais écrit. Comme quoi, hein...

Je l'avais proposé à un éditeur quand je suis arrivé à Nantes, en 2003... Tout en sachant que le texte n'était pas tout à fait abouti... je l'ai donc mis au chaud, et ne l'ai réécrit que des années plus tard, suite à une naissance. Dés lors, l'histoire de ce livre a été compliquée, compliquée... accepté dans un premier temps par un éditeur, puis refusé, il y a gagné un nouveau titre, "la fille verte". Je me suis ensuite tourné vers Gallimard, l'éditeur avec qui j'entretiens les meilleurs rapports (avec rouergue et actes sud). C'était un nouveau livre, qui n'avait presque plus une ligne en commun avec le premier jet. Parce que je cherchais un truc compliqué: faire un livre organique: un livre où le vivant, la terre, les feuilles, l'humide, la mort, se mèleraient... je voulais qu'on sente de manière organique les transformations d'une jeune fille qui grandit. et qui change.

Restait à trouver un illustrateur. Une illustratrice. Je sais pas pourquoi, je voulais que cette histoire soit illustrée par une femme. Si en fait, je sais. Là encore, ça a été compliqué... très compliqué... ce n'est qu'au bout d'au moins deux ans de recherches qu'on a décidé de proposer cette histoire à Camilla engmann, une illustratrice suédoise, qui vit à Goteborg, et qui, justement, travaille particulièrement les matières organiques...

alors, voilà. Ce livre sort enfin, la semaine prochaine. La couverture que vous voyez ne sera pas exactement celle du vrai livre. On y verra un visage de petite fille qui apparait à travers les branches et ls feuilles.

Au fait, de quoi parle "la fille verte"?

C'est l'histoire d'une jeune fille qui se réfugie dans le jardin et prend racine. Elle y passe 4 saisons et en sort au printemps. Voilà...

j'espère que ça vous plaira...

Vincent,