
Voilà mon nouveau livre, qui sort ces jours, "les socquettes blanches". C'est illustré par alexandra pichard, et ça sort chez gallimard-giboulées. C'est une histoire toute simple, d'un côté, une bande de filles, les socquettes blanches, qui ont un petit cabanon dans le jardin du présbytère, de l'autre, la bande desz chats crevés, sur le terrain vague d'à côté. Un jour, on leur annonce qu'on va construire un immeuble confort sur leur terrain. C'est la bagarre contre les grands. Sauf qu'ils se font aider par deux grands, un grand tonton et un grand frère, et un super grand, un président au grand nez.
Quand j'étais petit, mon père ne me lisait pas de livres,le soir, mais de temps en temps, rarement, quand ma mère n'était pas là, il s'asseyait à coté de moi et me racontait des histoires de quand il était petit. Et quand il était petit, c'était la guerre, et l'après guerre. A Brest, en plus, au milieu des gravats, des bombes désamorcées et des premières tours... j'avais envie de mettre ça dans un bouquin. Rajoutez de "la guerre des boutons", du "petit nicolas", du "totoche", et on a les "chats crevés". Pour les filles, j'ai adoré écrire ça, j'aime bien imiter des styles littéraires, là j'ai essayé de parler comme dans les années 50, caricaturées. parce qu'il y a double narration, du coup, un coup thèrése, un coup, tatave... j'ai réussi à mettre dans ce texte des trucs autour desquels je tourne depuis longtemps: la résistance, des gamins libres, un poil de nostalgie, et ce moment particulier, l'après guerre, où la france cherche ce qu'elle va devenir... bien sur, ça idéalise un peu une période, pas grave, c'est comme une capsule, un truc réinventé, ce n'est pas un reportage, juste une fiction... et j'ai même réussi pour la troisième fois à fourguer de gaulle dans un livre...
voilà, bisous, j'espère que ça vous plaira...
Tony Tiny Boy...
Parmi mes projets, "Tony Tiny Boy", un livre qui paraitra chez Hélium à la rentrée. C'est un texte très court, que j'ai écrit en pensant aux dessins de Dorothée de Monfreid... depuis quelques temps, pour renouveler mon inspiration, je fais comme ça: je pense à un illustrateur, que je connais ou pas, ce n'est pas la question, et j'écris un texte en pensant à lui ou elle... un peu du sur mesure... (en évitant bien sur de leur écrire des trucs qui ressemblent trop à ce qu'ils ont déjà fait)
Là, cette histoire , un peu suspendue, je l'ai voulue douce, calme, sans fioritures... je me rends compte que j'aime bien aller sur cette piste là, le petit petit, ne pas en dire trop, comme dans les "Emile" où on a choisi volontairement de faire sobre et simple, presque austère... du coup, au salon du livre de bruxelles, j'ai eu droit à des réflexions de parents qui conseillaient à leurs momes d'acheter plutot le livre du monsieur d'à coté, bien coloré, bien vif... (ses livres, pas le monsieur) tant pis, moi, j'aime bien quand on en fait pas des caisses dans les livres pour enfants, j'aime pas la redondance ou la surchage pondérale d'expressivité, de couleurs ou de mots... je trouve ça beaucoup plus fort... et la tendance qui cartonnait il y a 5 ou 6 ans,des illustrations surchargées, à grands renforts de princesses ou de fées auxquelles il ne manquait pas un seul cheveu, mais qui avaient des expressions d'huitre dans les yeux, ben moi, ça me fatigue.
alors ce tony tiny boy, qui est le récit d'une métamorphose, sera tout simple et tout doux!
et voici une image simple et douce de Dorothée de Monfreid...
"Tiny Tony Boy était rentré de la guerre contre les indiens. Et les indiens avaient gagné."
Bon, je vais faire un petit point de mes sorties à venir et projets en cours, d'ac?
Alors, voilà, on démarre par "Les socquettes blanches" chez gallimard giboulées, illustré par Alexandra Pichard. L'histoire de deux bandes rivales, les socquettes blanches, menées par Thérèse, et celle des "chats crevés" dont le chef est tatave... Ca se passe dans les années 50, au milieu d'un terrain vague et des bulldozers...
Après, c'est le retour d'Emile, dans 'Emile se déguise", toujours chez gallimard et illustré par ronan badel. les deux livres sortent bientot...
Autre série, mais chez Nathan, "Biscotto", paraitra en juin... il est question de spectacle de fin d'année et de gros petit poucet...
On laisse passer l'été, on se repose, on dort, on bronze, on flirte, et paf, fin aout, sort "la tête en vacances", mon premier album chez actes sud junior. Il sera illustré par Anne laval, et ça parle de gens qui ont pas envie du tout de rentrer de vacances...
Chez actes sud toujours, dans la collection que j'ai monté, "t'étais qui, toi?", la biographie de Louis XIV, illustré par marion puech... sacré personnage, sacré boulot, j'en ai bavé des ronds de chapeaux...
Dans la foulée, un petit poche chez thierry magnier (mon premier livre chez eux) qui s'appellera "Le roi des mouettes", une sombre histoire d'animaux qui tiennent conseil pour décider du sort des hommes...
Pour ceux qui connaissaient mes romans au rouergue, l'éditeur va ressortir sous forme de compil, trois des textes qui mettent en scène Benjamin. Ce livre va regrouper "la chauffeuse de bus", 'tu parles, charles!" et "jean débile monchon et moi". L'illustratrice unique de ce recueil est aurélie grand, qui avait déjà illustré "jean débile monchon". Pareil , à la rentrée...
Chez Hélium, un éditeur avec qui je suis très content de travailler pour la première fois, je publie à l'automne "Tony Tiny Boy", un album avec Dorothée de Monfreid. Vous allez voir, ça change de ce que je fais d'habitude, j'espère que ça va vous plaire. Il y a un indien dedans, un petit indien...
Retour chez gallimard giboulées, avec un texte, qui est un peu la suite de ma série de livres sur la seconde guerre mondiale, après "l'histoire de clara". Ca s'appelle "je suis un papillon", et ce sera illustré par sandrine martin...
Chez gallimard, également, mais dans un genre complètement différent, "je ne suis pas un auteur jeunesse". Pas du tout un roman, ni un album, c'est un livre à destination des adultes, un genre de livre d'humeur, sur le métier que je pratique depuis plus de dix ans maintenant... les illustrations seront de serge bloch...
Un autre projet à part, "gratte ciel" (titre o combien provisoire), est une histoire écrite pour l'orchestre national Victor Hugo (en franche comté), et qui sera mis en musique par le chef Jean François Verdier. Programmation prévue la saison prochaine.
Voilà, j'ai fait le tour, pffff, pour un fainéant, ça fait beaucoup... mais bon, j'ai eu une grosse panne pendant plusieurs mois, j'imagine que j'ai voulu rattraper le temps perdu ... et puis aussi, usé par le fait d'avoir fait trop de salons et de rencontres scolaires depuis longtemps, j'ai décidé de lever un peu le pied sur les déplacements, et de me concentrer sur ce qui est d'abord mon métier: écrire des livres pour les enfants!
Ca, ça concerne les projets signés et programmés. j'ai d'autres projets en cours, soit pas encore acceptés par un éditeur, soit je travaille dessus avec un illustrateur et on attend de le ficeler ensemble pour le présenter, soit je les laisse mariner en attendant de les reprendre... bref, je fais mon métier...
Bon, voilà, j'ai fait le tour, bisous, merci pour votre attention... et une image du prochain émile...

charles cros
Quand j'étais petit, je regardais longtemps les pochettes de disques de mes parents, et de temps en temps, il y avait un autocollant genre "ce disque a reçu le grand prix de l'académie charles cros"... c'était toujours des disques de serge reggiani ou de moustaki, de marc ogeret chante aragon ou cora vaucaire... jamais claude françois qui chante "sale bonhomme" ou richard anthony "radaouronron"... bref, c'étaient des disques de qualité, à deux doigts du casse bonbons, bref de la qualité française. Moi, j'aimais bien... dans l'auberge de jeunesse de mes parents, c'étaient eux les cadors, la "bonne" chanson française... j'avais un faible pour reggiani, je comprenais pas tout, et tant mieux. Ah oui, à l'époque on n'écrvait pas encore "à partir de 10 ans" à tout bourt de champ sur les livres ou les disques.
Y a deux mois, je l'ai reçu le prix charles cros. C'est bizarre, non? je fais des livres et je reçois un prix pour un disque. Toute l'équipe de "la première fois que je suis née" l'a reçu, marc olivier dupin, compositeur, (à gauche sur la photo) , donatienne michel dansac, soprano, charles dutertre, illustrateur, jean fraçois verdier, chef d'orchestre, colline faure poirée, éditrice, christophe hermellin, graphiste...
Avant nous, y avait julos beaucarne et sa voix fragile et naïve, arthur H, barbara carlotti, et d'autres...
et moi, pour la première fois, j'avais mis un costume. Parce que quand même, c'est pas tous les jours qu'on a le même prix que reggiani...

maman lapin a 5 petits.
Au moment de rédiger mes voeux, je me suis dit cette année qu'il faudrait qu'ils reflètent un peu la haute valeur morale qui m'anime, surtout quand il s'agit d'éduquer les chères têtes blondes, (les têtes brunes moins) et que avant d'être un écrivain je suis bien entendu un éducateur chargé de transmettre mes valeurs de partage et de tolérance à ces pauvres gosses qui ne m'ont rien demandé mais après tout ils n'avaient qu'à être des adultes comme tout le monde!
Voici donc pour bien démarrer 2013 une histoire initiatique sur la transmission le sens des valeurs et tout le bazar!
bonne lecture, et surtout
BONNE ANNEE !!!!
Maman Lapin avait 5 petits.
Le printemps avait été chaud. Du coup, aux premiers jours de l’hiver, maman Lapin et son mari, Jacques, Jacques Lapin, avaient du nourrir avec amour et couver avec tendresse leurs 5 petits lapins, pour que, les beaux jours revenus, ils sachent se débrouiller seuls dans la nature sauvage.
Maman et Jacques Lapin aimaient chacun de leurs enfants avec amour, même si chacun était différent. Claude Lapin, l’ainé, était fort et courageux. Marielle Lapin était coquette, Jean-Jacques Lapin était tout le portrait de son père, et Aboubacar Lapin était tout noir.
Bon, il y avait bien Régis Lapin, qui était un peu ... comment dire... un peu concon. Un peu gueulard. Un peu casse bonbons, quoi. Déjà, à la naissance, on entendait que lui. Toujours à crier, toujours à pleurer. En grandissant, ce fut encore pire. Jamais content, toujours un truc qui cloche...
-J’aime pas les carottes !
-Mais Régis, tous les lapins aiment les carottes, on n’a jamais vu de petit lapin qui n’aime pas les carottes, même les lapins préhistoriques mangeaient des carottes ! des carottes préhistoriques…
-Bon, d’accord, je veux bien manger ma carotte, mais alors avec beaucoup de gruyère et de crème !
Et c’était comme ça pour tout.
Bientôt les beaux jours revinrent. La neige avait fondu, les premières fleurs poussaient dans les champs. Bref, c’était le printemps. Les 5 petits lapins étaient devenus des jeunes lapins forts prêts à affronter la nature.
Le premier à vouloir sortir de son terrier et découvrir le vaste monde fut Claude Lapin. Bravement, il sortit son museau, puis ses oreilles, puis ses quatre petites pattes, et enfin sa queue en tire-bouchon. Ah suis-je bête la queue en tire-bouchon c’est pour les cochons.
Il fit plusieurs petits bonds et gravit en haut de la colline.
-Ah c’que ça fait du bien de respirer l’air pur !
Ce furent ses premières et dernières paroles. Un grand aigle qui vit ce beau petit lapin, fort et vigoureux, l’attrapa et le mangea. Miam.
Le deuxième des petits lapins à affronter le monde fut Marielle Lapin. Mon dieu qu’elle était jolie, avec ses jolies petites oreilles, ses petites pattes et son petit museau.
Elle fit trois jolis petits sauts dehors, se recoiffa, trois autres petits sauts, se recoiffa encore, à nouveau trois sauts, se remaquilla, se recoiffa, bougea joliment son petit derrière en soupirant que oh non, jamais elle n’oserait grimper en haut de la colline, qu’elle n’était même pas coiffée.
Ce furent ses dernières paroles. Un renard qui l’attendait caché dans un bosquet, lui sauta dessus, la mangea. Miam.
Le troisième petit lapin à tenter l’aventure fut Jean-Jacques Lapin.
Je vais bien faire comme papa m’a dit, dit Jean-Jacques. Il fit trois petits sauts dans l’herbe haute, regarda bien à gauche, bien à droite, chercha partout un petit bonhomme vert, ne le trouva pas, et se fit manger par un gros animal dont je ne me rappelle jamais le nom et qui passait par là, mais si vous savez les animaux qui gueulent tout le temps, qui font houhouhou et tout le bazar !!!
Ah oui, un loup…
Monsieur et madame Lapin commençaient à se sentir mal. Déjà la mort de Claude fut un coup dur, puis celle de Marielle Lapin, si jolie, et enfin le pauvre jean jacques. Monsieur et madame lapin avaient du mal à faire le deuil… pourtant, ils les avaient vraiment super préparé pour leur grande sortie hors du terrier. Ils avaient même acheté des livres exprès, c’est dire.
Ils avaient du mal à faire le deuil.
Pour couronner le tout, il ne restait plus que le noir et le tout concon…
Aboubacar Lapin fut le quatrième lapin à tenter une sortie dans le monde.
Il fit trois petits bonds, renifla un peu autour de lui. Pris de confiance, il fit à nouveau des petits bonds et se trouva bientôt en haut de la colline.
Rien ne se passa. Ni buse, ni renard, ni corbeau ni rien du tout. Personne ne venait le manger. Aboubacar lapin se vexa :
-Alors quoi, vous ne voulez pas me manger parce que je suis différent, c’est ça ? c’est parce que je suis noir, c’est ça ? Bande de racistes !
Un aigle royal connu pour sa tolérance fondit alors sur le malheureux petit lapin, et le mangea.
-Oh mais si je suis très sensible à tout ce qui est différent, moi…
Miam miam.
Il ne restait plus que le petit lapin casse bonbons.
-Nooon, j’veux pas sortir, et pourquoi je sortirais d’ailleurs non j’en ai rien à foutre, je suis très bien dans mon terrier, moi, j’ai besoin de personne, et puis de toutes façons, j’ai pas envie de découvrir le vaste monde, c’est tous des cons, et puis…
-Et l’herbe verte, petit lapin, tu n’as pas envie de sauter dans l’herbe verte ?
-J’aime pas le vert.
-Et sentir le vent sur tes narines, les odeurs de fleurs et de miel ?
-Si tu savais comme je m’en fous…
Papa et maman lapin ne savaient plus quoi faire, plus quoi dire… quand papa lapin eut une idée :
-Et rencontrer les petites lapines, tu n’as pas envie de rencontrer des petites lapines ?
Oui. Bon. D’accord. Pourquoi pas. Ok pour les petites lapines. Régis Lapin sortit une oreille puis deux dehors. Il fit trois petits bonds. Méfiants, il regardait partout autour de lui.
-Ouais, parce que j’ai pas envie de me faire bananer, moi !
Survint un renard qui…
-Ouais, je te vois venir, toi, t’as encore un bout d’oreille de ma sœur qui sort de ta gueule, si tu crois que tu me fais peur, de toutes façons, avec ta tronche de rouquin tu vas jamais te trouver de renarde…
-Mais je…
-Oui oui, je te vois venir, tu vas me sortir la grande tirade sur la loi de la nature, que les forts mangent les faibles et tout le baratin, mais t’as de la chance que je sois qu’un petit lapin, sinon, je démonterais ta tête de renard…
-Mais, je vous jure que…
-Ah il jure, maintenant ! on aura tout vu ! un renard qui jure ! vous ètes bien tous les mêmes, hein, en fait vous valez pas mieux que les loups, hein, on dit les loups les loups, mais les renards c’est tout mafia et compagnie !
-Pffff, il me prend la tête lui, je préfère sauter un repas.
Et voilà comment notre héros Gilles Lapin fit son entrée dans le vaste monde. Son papa et sa maman étaient fiers de lui.
Bien sur ce n’était pas le plus fort, ni le plus joli, ni le plus obéissant, ni le plus différent… mais au moins, il était vivant, lui…
Petit lapin était fin prêt pour rencontrer les petites lapines.
Moralité : quand t‘es pas fort, pas beau, pas obéissant et un peu comme tout le monde, avoir une grande gueule, des fois, c’est bien.
c'est moi le plus triste...
La vie est bizarrement faite... sans être un intime, Mario Ramos était quelqu'un que j'aimais beaucoup, voire qui m'intimidait un peu... il faisait du bien aux gens, parce qu'il ne prenait pas de gants avec... il n'y avait pas de filtre entre son cerveau et sa bouche, et avec lui, il n'y avait plus qu'à ranger son orgueil dans sa poche... une fois fait, c'était du petit lait...
lundi, en apprenant la nouvelle de sa mort, une histoire s'est lentement déroulée dans ma tête... c'est bizarre, mais c'est comme ça...
du coup, je vous la fais lire... c'est un hommage, quoi... et comme c'est un hommage, j'écris juste au début: "pour Mario"...
C'est moi le plus triste...
Le loup, ce matin là, pleurait, pleurait, pleurait. Il semblait ne plus vouloir s'arréter.
-C'est moi le plus triste, dit il.
Il décida d'aller se promener dans la fôret, pour voir si il existait quelqu'un d'aussi triste que lui.
Il croisa en chemin une petite fille, tout de rouge vétue, qui plaurait elle aussi à chaudes larmes.
-Que t'arrive t-il, petite fille, tu ne vois pas que tu déranges mon chagrin?
-C'est que, monsieur le loup, la grand mère est morte ce matin, et je suis bien triste.
-C'est triste, dit le loup. Très triste, même, je connaissais bien ta grand-mère. Mais moi, je suis bien plus triste que toi. C'est moi le plus triste.
Et le loup vola le mouchoir de la petite fille qui dut sécher ses larmes dans son chaperon. Rouge, le chaperon.
Le loup reprit sa route en pleurant bruyamment. Il croisa bientot un hérisson chauve. Il avait l'air triste, mais triste!
-Pourquoi as tu l'air si triste? demanda le loup d'un air sévère.
-Oh, c'est parce que je suis très malade, répondit le hérisson. J'ai perdu toutes mes épines. Et un hérisson sans épines, ce n'est plus un hérisson.
-C'est triste, dit le loup. Mais ce n'est pas une raison! tu n'as qu'à te coller des épines de sapin sur la tête! Je suis bien plus triste que toi!
Et le loup reprit sa route en soupirant:
-Bouhouhou! je suis le plus triste des animaux de la foret.
C'est à cet instant que surgit un superbe cerf. Il pleurait, calmement, sans bruit. Deux lourdes larmes coulaient doucement en tintant sur le sol, comme une chaude pluie d'automne.
-Et bien, cerf, pourquoi pleures tu? ce ne sont pas des manières, pour un cerf!
-Loup, je pleure parce ma biche a été tuée par un chasseur ce matin. Et mon coeur est inconsolable.
Le loup se tut.
C'était vraiment triste.
Mais il se reprit bientot:
-Cerf. C'est triste. C'est même très triste. Mais ta tristesse n'est rien comparée à la mienne. Alors sèches tes larmes, et laisses moi passer.
Le loup était vraiment très satisfait de sa promenade. Sa tristesse était bien la plus belle tristesse de toute la foret. Il était tellement triste que ça le faisait sourire...
Mais bientot, il croisa un dragon. Un tout petit dragon de rien du tout. Il pleurait, comme pleurent les petits dragons, en faisant des étincelles.
-Et bien petit dragon, pourquoi pleures tu?
-Oh le loup! bonzour! euh, ze pleure passsque zai mes dents qui sont tombées cette nuit. Et un dragon sans dents, c'est nul.
-Ah ah, dit le loup! tu pleures comme un bébé! ce n'est rien de perdre ses dents. Regardes, moi, j'ai beaucoup plus de raisons que toi d'être triste. D'ailleurs je suis bien plus triste que toi!
A cet instant, le petit chaperon rouge, le hérisson, le cerf et le petit dragon, avaient entouré le loup, et le regardaient d'un air intrigué.
-Mais, au fait, demanda le cerf. Tu nous dit que tu es triste, bien plus triste que nous. Mais pourquoi es tu aussi triste?
Alors le loup regarda autour de lui dans la foret. Il vit tous les animaux ensemble, le cerf avec ses petits, le hérisson avec sa chérie, le dragon avec sa maman. Il sentit sa boule dans le ventre revenir, les larmes monter à nouveau, gonfler sa gorge, noyer ses yeux et déchirer son coeur.
Il commença à pleurer, pleurer, pleurer, et effectivement, tous les animaux virent que de tous les habitants de la foret, c'était bien lui le plus triste.
Le dragon lui préta un mouchoir vert.
Le loup essuya ses larmes, et dans un sanglot dit:
-C'est moi le plus triste parce que... c'est moi le plus seul...
Et il recommença à pleurer de plus belle.
Alors, le petit dragon s'approcha du loup et lui dit:
-Si tu veux, tu peux venir manger avec nous ce soir... ma maman est d'accord. Il y aura du miel et du chocolat. Et du feu dans la cheminée.
-Du miel et du chocolat?
le loup ravala ses larmes et tout penaud mais tout heureux, s'en alla chez ses nouveaux amis...
mise en abyme.
Pour rigoler, un copain (matthieu maudet) a lancé une idée saugrenue: qu'on s'écrive à soi même une lettre de refus d'un texte en projet.
Vincent, mon grand,
Je viens de recevoir le manuscrit de ton nouveau livre que tu viens de t'envoyer à toi même ou de m'envoyer à moi même, c'est au choix. Je l'ai lu. C'est très bon, mais ça, tu le savais déjà.
Par contre, je ne vais pas le publier, et tu le sais bien. Pourquoi me l'avoir envoyé? c'est génant. Je vais t'expliquer les raisons de mon refus. Ton texte est bien. Il est même parfait. Tu es devenu ce que tu voulais être: un habile professionnel. Un faiseur. Qui sait écrire n'importe quoi sur n'importe quoi. Un écrivain de 43 ans, en pleine possession de ses moyens. Chiant, quoi. Je vais te dire, j'ai du mal à retrouver ces tremblements qui formaient ton écriture, à la fois forte et fragile. Cette urgence. Cette tension mal maitrisée. Tu es devenu un écrivain propre. Tu vas bientot pouvoir écrire pour les adultes, si tu continues, forme de déchéance et de consécration à la fois.
Et puis, tu le dis toi même si souvent, il y a trop de livres qui sortent, alors pourquoi le tien plutot qu'un autre? ou alors, on fait un deal, on ne sort pas ce livre là, et on ne sort pas 80 % des livres qui devaient sortir cette année. Quant à toi, je publierai un de tes livres, mais pas tous. Je publierai celui que tu écriras sans penser à le publier. Tu sais, ce genre de textes que tu fais parfois, pour le simple plaisir d'écrire, sans penser à gagner ta croute ou publier avec... ces textes écrits un sourire au bord des lèvres, que tu écris en te disant "pfff, ça fait du bien..."
ok? on fait comme ça?
Et pour gagner ta croute?
Souviens toi, Vincent, quand tu, enfin, quand je, enfin, quand nous étions petits, tu avais deux rêves. Le premier était d'écrire des livres.
Et le deuxième, tu t'en souviens, Vincent?
Oui, oui, je m'en souviens, Vincent.
La fille verte.

La fille verte. Illustrations de Camilla Engmann. Gallimard-Giboulées. (graphisme de Christophe Hermellin, publié par Colline faure-poirée)
En l'an 2 000, j'avais pas un rond, je vivais dans une toute petite piaule, à Rennes, un 18 m2 au rez-de-chaussée qui donnait sur une enfilade de jardins... un petit muret, une cabane, des chats en pagaille, des fleurs, des grillages, des voisins, des voisines. Je n'étais pas encore écrivain, mais c'était pas loin. J'étais venu me refaire une santé à rennes, après une séparation... d'ailleurs, la première version du texte commençait comme ça: "Je me suis retrouvé planté dans le jardin." Faut dire que ce jardin agissait sur mon système. Je m'y sentais bien, tellement bien, que c'est là, après des années de doutes, que j'avais réussi à me remettre à écrire. D'ailleurs, la deuxième version du texte commençait par un déménagement... j'étais au RMI, et pourtant, je vivais dans un vrai petit paradis: un cocon, en fait, entouré de buissons chaleureux et couvert par une dizaine de voisins et de voisines. J'avais, sur un coup de tête salvateur, quitté la chaine de magasins qui m'embauchait et voulait me propulser à la tête d'une de ses franchises, et j'avais décidé de faire de ce petit endroit pourri et charmant la base de mon retour sur terre... j'écrivais coup sur coup plusieurs livres, "km 0", "la chauffeuse de bus" et deux ou trois petits autres trucs, et en cachette, presque en cachette, un truc bancal, intime et maladroit: "le jardin secret". Le jeune mec planté là s'était transformé en jeune ado transplantée.
Ce livre commence comme ça: "Mon frère et moi sommes entrés dans le coffre à 5 heures du matin. La voiture était grise mais de l'intérieur ça ne se voyait pas."
C'est l'histoire d'une jeune fille de 13 ans, mais je crois aussi que c'est le livre le plus autobiographique que j'ai jamais écrit. Comme quoi, hein...
Je l'avais proposé à un éditeur quand je suis arrivé à Nantes, en 2003... Tout en sachant que le texte n'était pas tout à fait abouti... je l'ai donc mis au chaud, et ne l'ai réécrit que des années plus tard, suite à une naissance. Dés lors, l'histoire de ce livre a été compliquée, compliquée... accepté dans un premier temps par un éditeur, puis refusé, il y a gagné un nouveau titre, "la fille verte". Je me suis ensuite tourné vers Gallimard, l'éditeur avec qui j'entretiens les meilleurs rapports (avec rouergue et actes sud). C'était un nouveau livre, qui n'avait presque plus une ligne en commun avec le premier jet. Parce que je cherchais un truc compliqué: faire un livre organique: un livre où le vivant, la terre, les feuilles, l'humide, la mort, se mèleraient... je voulais qu'on sente de manière organique les transformations d'une jeune fille qui grandit. et qui change.
Restait à trouver un illustrateur. Une illustratrice. Je sais pas pourquoi, je voulais que cette histoire soit illustrée par une femme. Si en fait, je sais. Là encore, ça a été compliqué... très compliqué... ce n'est qu'au bout d'au moins deux ans de recherches qu'on a décidé de proposer cette histoire à Camilla engmann, une illustratrice suédoise, qui vit à Goteborg, et qui, justement, travaille particulièrement les matières organiques...
alors, voilà. Ce livre sort enfin, la semaine prochaine. La couverture que vous voyez ne sera pas exactement celle du vrai livre. On y verra un visage de petite fille qui apparait à travers les branches et ls feuilles.
Au fait, de quoi parle "la fille verte"?
C'est l'histoire d'une jeune fille qui se réfugie dans le jardin et prend racine. Elle y passe 4 saisons et en sort au printemps. Voilà...
j'espère que ça vous plaira...
Vincent,
Le jour où je suis devenu écrivain...
Voilà, j'ai fait un livre autobiographique... c'est pas le premier, comme pas mal d'écrivains, je mets plein de trucs persos dans mes livres, mais là, c'est assumé, je dis je, le personnage s'appelle Vincent, bref, je raconte ma vie... pas toute ma vie, en fait, mais un passage bien précis: celui où vers les 16-17 ans, j'ai en un an, arrété l'école, été au chomage, commencé des petits boulots, écrit un livre, reçu un prix et été publié pour la première fois...
Je vous cache pas qu'écrire une autobiographie c'est vraiment bizarre... pas désagréable, mais bizarre... mais je n'aurais pas écrit d'autobiographie si je n'avais pas voulu en premier lieu écrire, non pas un livre sur moi, mais un livre sur la naissance de la vocation... c'est un sujet qui me travaille depuis longtemps, j'ai retrouvé l'autre jour dans un vieux carnet une ligne où j'avais écrit "écrire un livre sur la naissance de la vocation"...
Et puis après tout, j'ai assez sacrifié à ma profession pour avoir le droit d'écrire dessus.
Ce livre (qui devait au début s'appeler "l'écrivaillon" ) est peut être celui qui s'adresse le plus directement à ses lecteurs... depuis mes débuts, j'ai envie de parler aux enfants qui n'aiment pas lire, aux ados qui rament à l'école... avec ce bouquin, je peux leur dire qu'écrire n'est pas réservé aux premiers de la classe, que ce n'est pas spécialement une démarche intellectuelle, que, paradoxalement, ce n'est pas réservé aux seuls littéraires!!!
Allez, je l'avoue, ce bouquin sent aussi la revanche sociale, mais c'est comme ça... mais si il n'y avait pas un tel écart aussi... je m'explique: la littérature et la culture en général, sont quand même phagocyteés par les enfants des classes moyennes supérieures, par des enseignants ou fils d'enseignants, par des diplomés, que quand un fils de prolo qui a un BEP agricole devient écrivain, il faut bien le dire... j'ai rien contre eux, je dis juste que c'est plus dur pour nous!
Notre ascenceur social à nous, c'est un vieil escalier pourri en colimaçon auquel il manque des marches...
Ca s'appelle "le jour où je suis devenu écrivain" , c'est publié au rouergue, sorti en mars, et c'est pour les ados.
Les présidents de la république...

Ca y est, mon année 2012 commence... de la dizaine de livres prévus, voici le premier... et après, ça va être des tirs en rafale, un bouquin tous les 15 jours, jusqu'à mai... moi qui passe mon temps à gueuler contre la surproduction, je vais avoir du mal à justifier toutes ces sorties... en fait, je n'ai pas sorti grand chose en deux ans, j'ai aussi connu une grosse panne d'écriture, ça a aussi bouchonné chez les éditeurs, et voilà le résultat, du cuvellier jusqu'à la nausée!
"Les présidents de la république", est le deuxième livre que j'écris après "de gaulle", dans la collection que je dirige, chez actes sud junior... bien sur, je l'ai pensé en prévision des élections qui s'annoncent, et puis surtout, j'avais envie de parler de politique et d'histoire aux enfants... entre nous, réussir à les amuser ou les intéresser à la vie d'albert lebrun ou d'armand fallières, c'était quasiment mission impossible... il y a des moments ^ù je me disais, pfff, mais qu'est ce que je peux raconter sur ce type... alors plutot que de faire semblant, je l'ai écrit, qu'il n'y avait rien à dire...
j'ai aussi commencé chaque chapitre de la III° république par "si ça n'avait tenu qu'à moi, un tel n'aurait jamais été président... à la place, j'aurais mis untel..."
Pourt les chapitres concernant le 5° république, j'ai débuté par une anecdote personnelle liée à une élection ou un président. Ce qui fait que du coup, ce livre est un des plus personnels que j'ai écrit, alors qu'au début, il ne devait pas l'être... je l'ai même dédié à mon père, mort l'année dernière, parce que la politique est vachement liée à la vie intime... et c'est la première fois que je dédicace un livre à quelqu'un...
en tout cas, les espaces où o peut parler de politique aux enfants sont très très rares, et je remercie de manière très solennelle "actes sud", thierry magnier et isabelle péhourticq, mon éditrice de m'avoir donné cette liberté là...
Certains chapitres étaient pas évidents à écrie, notemment celui de mitterrand, président de mes 12 ans à 26 ans, et qui a marqué ma génération... sarkozy aussi c'était bizarre à écrire... bien sur, on sent de temps en temps où mon coeur penche, mais à aucun moment, je n'embrigade les gamins, enfin, j'espère... c'est aussi le portrait en creux de ceux qui n'ont jamais été présidents, et on sent que j'ai quelque chouchous, à gauche ou à droite: gambetta, waldek-rousseau, jaurés, blum, mendés bien sur, rocard, barre, séguin...
Il y a deux ans, j'ai voulu faire un projet de bd pour enfants qui parlait frontalement de politique. Il a été refusé partout, avec des réponses étonnantes: "le climat est tellement malsain en france que je ne souhaite pas qu'on aborde la politique de façon positive..." j'étais scié... j'ai pu identifier par les refus des éditeurs à certains de mes projets, qu'il y avait deux tabous en littérature jeunesse, qui ne sont pas prés de tomber: la politique donc, et la religion catholique...
c'est pour ça que je trouve avoir beaucoup de chance d'avoir pu faire ce bouquin là...
Les dessins sont de Jean Christophe mazurie, qui est à peu prés le seul dessinateur contemporain capable de faire de l'humour sur poincaré!

ah oui, c'est aussi le livre le plus "épais" que j'ai jamais écrit... et un des plus compliqué à écrire... parce que je voulais qu'il soit simple à lire...
Emile!

En exclusivité mondiale, un extrait de "Emile veut une chauve-souris", premier volume de lanouvelle collection "Emile", chez gallimard-giboulées.C'est Ronan Badel qui dessine... il sort en avril, avec un autre épisode, "Emile est invisible".
Bernard Friot...
coucou,
petit message reçu par bernard friot, l'auteur des histoires pressées (dont vous pouvez lire l'intégralité dans les commentaires du post "l'envie"): il me répond par rapport à mon message où je décrivais ma petite crise d'écriture...
Tu as bien fait d'écrire et publier ce texte, Vincent. Sincère, interrogeant, vibrant. C'est bon de s'interroger sur son travail, de temps en temps, pour un écrivain comme pour un boulanger ou un banquier. Et de trouver des éléments de réponse. Je me pose aussi ces questions. Et trouve des éléments de réponse surtout lors de mes voyages à l'étranger. Le milieu littérature pour la jeunesse est très fermé sur lui-même et aime s'autocélébrer en permanence (à Montreuil par exemple) en oubliant sa raison d'être : les jeunes lecteurs. La littérature de jeunesse est au service (oui au service) des lecteurs en formation que sont les enfants et les ados. C'est une littérature d'apprentissage : de la lecture, de la littérature, du monde, des émotions, des codes sociaux... Ce qui ne veut dire en rien que les livres pour la jeunesse sont des livres de commande. Chacun devrait être l'expression de la (bonne) volonté d'un adulte de communiquer sincèrement avec un enfant ou un ado, ce qui demande pour commencer la capacité d'écouter, regarder, comprendre cet ado ou cet enfant. Je mets ces deux mots au singulier volontairement.
J'inonde le marché...
Y a 15 jours, je mettais une note désabusée où je racontais mon ras le bol d'écrire, et ma lassitude face à la surproduction. Je disais entre autres qu'on publiait trop et des fois n'importe quoi... c'est pourquoi je suis très heureux de vous annoncer mes albums et romans à venir, et en 2012, j'en sors 10!!!
C'est vraiment n'importe quoi, hein? mais bon, en même temps, en 2011, j'ai très très peu publié. Y a eu un sorte d'embouteillage chez mes éditeurs, des concours de circonstances, des recherches compliquées d'illustrateurs, et puis aussi, j'ai passé une belle année 2010/2011 de merde, ce qui explique celà!
Bon, allez, j'y vais, j'attaque la liste. J'avoue que c'est cool, je suis content d'avoir à nouveau plein de livres qui vont sortir.
Février 2012:
"Les présidents de la république." Actes sud junior. Collection t'étais qui toi?" ill de JC Mazurie. Là, c'est dans le cadre de ma collection de bouquins historiques, je me suis dit, pour clore le premier cycle de 12 livres sortis, j'ai eu envie de faire un bouquin, bien sur, en vue des élections, avec tous les présidents français, de napoléon III à Sarkozy. Livre compliqué à faire, fastidieux, laborieux, et je suis d'autant plus content que j'ai réussi à en faire un truc au final très personnel.
Mars:
"Poing à la ligne" (anciennement "l'écrivaillon") au rouergue. Doado. ça fait longtemps que j'avais pas publié au rouergue (ça remonte à "ici londres" avec anne herbauts) et ça fait comme rentrer à la maison après un long voyage. C'est un livre autobiographique sur mes débuts d'écrivain, quand j'ai écrit et publié pour la première fois de ma vie, ado.
"Les enfants sont méchants" chez gallimard-giboulées. Ill de Aurélie Guillerey. J'adore ses illustrations, c'est la grande classe. C'est un album où un adulte dépassé par les évènements raconte outré, tout ce que les gosses font subir aux grands... j'espère venger tous les parents du monde...
"Emile veut une chauve-souris" gallimard-giboulées. Ill de Ronan Badel et "Emile est invisible" gallimard-giboulées. Ill de Ronan Badel. Avec Ronan, avec qui j'ai déjà travaillé sur "la légendaire histoire des 12 soeurs flute", on lance une série. C'est chouette, une série, moi j'adorais ça quand j'étais mome, je suis super content d'en faire... C'est un mome, Emile, un gamin qui ne marche qu'avec ses lubies. Il se prend une obsession par album et va jusqqu'au bout... et moi, ma lubie c'est de bosser avec des illustrateurs à la fois doués et à la fois sympas...
Mai:
"La première fois que je suis née" livre disque, gallimard giboulées. C'est la version livre disque de mon bouquin avec toujours les dessins de ch dutertre. La musique est signé du grand compositeur Marc Olivier Dupin, interprétée par Donatienne Michel-Dansac, et l'orchestre national d'ile de france dirigé par jean françois verdier... c'est le même livre que celui sorti en 2006, mais avec le cd, une nouvelle couv et en version luxe...
Juin:
"Biscotto 3 et 4" Nathan, ill par Yoann Sacré. La suite d'une série entamée l'an dernier, dans laquelle je commence à me sentir à l'aise... c'est marrant à faire, une série, les personnages évoluent sans qu'on sache vraiment comment... là, Biscoot et Hervé partent en voyage à barcelone.
Septembre:
"Les hippies" rouergue (dacodac) c'estla reprise d'un bouquin sorti dans "je bouquine" il y a deux ans... reprise bien retravaillée quand même, ce sera plus vraiment le même bouquin... l'histoire d'un mome qui chante le rythm n bleues dans les années 70...
"La fille verte" ou "jardin secret" un bouquin que je porte depuis 10 ans... gallimard-giboulées. comment une petite fille prend racine... après une très longue recherche d'illustratrice, ce livre sera dessiné par une très grande illustratrice suédoise, camilla engmann...j'avoue que je suis pas peu fier... ce qu'elle fait est somptueux.
voilà, je sais, ça fait beaucoup, mais c'est toujoursmoins que tous mes projets qui n'ont pas vu le jour...
bisous...
vincent
L'envie.
Bonjour,
J'avais arrété un peu de mettre des nouvelles, parce que, bon...
En plus, je ne vous cache pas que je me suis fait une petite crise où j'arrivais plus à comprendre pourquoi j'écrivais. Parce que c'est bien joli d'être écrivain, de publier, de gagner sa vie avec...mais pour en faire quoi ? il arrive un moment où être écrivain consiste à aligner les phrases sans plus trop savoir pourquoi... on empile les commandes, on fait ce qu'on sait faire, bref, on est devenu un pro, un faiseur... quant au plaisir originel, celui qui commande ou doit commander, on ne sait plus trop dans quel tiroir on l'a foutu...
Retrouver l'innocence du premier geste, avec l'expérience en plus... écrire sans penser à l'avance où on va le publier, chez qui, à combien...
Et puis bien sur, il y a aussi cette putain de relativité... un bon bouquin passe inaperçu, un médiocre cartonne, des carrières se font sur des usurpations, des grands peinent à publier... alors, au bout d'un moment, je me demande à quoi ça sert... tout simplement.
la surproduction me gonfle, chaque écrivain devrait ne publier que ce dont il est vraiment fier... mais économiquement, ça ne marche pas comme ça.
Là, ça repart gentiment, j'ai à nouveau envie d'écrire, je recommence à savoir pourquoi je fais ce boulot. Quand j'écris, j'essaie d'avoir deux notions opposées en tête. L'une: A chaque fois que j'écris une nouvelle phrase, c'est la première fois au monde qu'elle est écrite.ca ne veut pas dire qu'elle est bonne ou mauvaise. Ca veut juste dire qu'elle est est nouvelle et unique. L'autre: mes livres ne sont que des parts infimes de tout ce qui a été écrit, bon ou mauvais, depuis que les hommes écrivent, un livre de plus... Avec ces deux notions, l'une plaçant mon travail dans son aspect unique et singulier, l'autre en le relativisant, je me débrouille. Les gens qui me pensent prétentieux et intransigeant se trompent. ceux qui me croient modeste et peu sur de moi se trompent aussi.
J'ai une très grande opinion de mon métier, écrivain, parce que j'ai du batailler dur et faire des sacrifices pour le devenir. C'est pour cette raison que je pense qu'il ne faut pas le galvauder et en faire n'importe quoi. Nous, et moi le premier, on devrait être capable de ne publier que ce qu'on fait de mieux, les éditeurs devraient publier 2 fois moins, les libraires ne vendre que ce qu'ils ont envie de défendre.
Attention, hein, je suis pas aigri, bien au contraire, j'ai juste envie de continuer à faire des livres pour les enfants, et d'abord pour eux. Mais j'ai aussi envie que les auteurs pour enfants, écrivains, illustrateurs, scénaristes, soient payés correctement, j'ai envie que dans les salons du livre, les stands jeunesse ne soient pas toujours relégués au fond du chapiteau, j'ai envie que nos livres soient chroniqués dans la presse au même titre que les autres livres, j'ai envie qu'il y ait une revue qui nous soit consacrée. Bref, j'ai envie que les écrivains pour enfants soient d'abord considérés comme des écrivains.
Pour moi, ce statut inférieur qu'on a quand on publie pour la jeunesse est emblématique de la place qu'on donne aux enfants dans la société.
Et la crise permet à nombre d'éditeurs de se cacher derrière pour baisser les tarifs : il y a peu, on nous a proposé, à une dessinatrice et à moi même, pour une bd de 120 pages, la somme globale de 5 000 euros. Le tiers pour moi, le reste pour la dessinatrice, j'ai fait le calcul: 27 euros la planche pour elle. Plusieurs jours de travail pour 27 euros... voilà à peu près où on en est... on a refusé, mais le résultat est là: notre bd ne sera pas publiée, il nous aurait fallu au minimum 8000 euros pour que ce soit viable économiquement... bien sur, les éditeurs eux aussi sont soumis à la pression,mais le constat est là: les auteurs sont toujours les derniers servis, les derniers payés, et sauf pour quelques vedettes, nombre d'entre nous sont devenus des précaires de l'écriture ou de l'illustration... moi, j'ai pas trop à me plaindre, je m'en sors, comme on dit... mes éditeurs assurent, il y a des liens, on fait des livres ensemble, on va dans le même sens, avec mes illustrateurs aussi, et c'est cool...
Bref, je me suis fait un petit réajustement. Et je recommence à trouver du sens à mon boulot. Je recommence à avoir envie (comme dirait johnny, qu'on nous donne l'envie, l'envie d'avoir envie!), d'écrire juste pour le plaisir, sans me demander si ça sera publié ou non.
Parce que putain, c'est bon d'écrire, quand même...
Biscotto I et II


Je suis heureux de vous présenter mon nouveau bébé, qui a un peu eu du mal à passer , vu qu'il est énorme: c'est Biscotto. C'est marrant comme on est faits, hein, au début, je décide d'écrire une petite série légère, sans prétention, juste pour rigoler, et à l'arrivée, je me retrouve à traiter une fois de plus un thème qui me travaille, si j'étais david lynch je dirais qui m'obsède... j'explique: un gamin, hervé le bourzellec, à brest dans les années 70, voit débouler un type de son age, monstrueux, énorme, qui ne dit rien d'autre que "j'ai faim", qui casse tout, qui fait peur aux enfants, aux profs... c'est Biscotto, que yoann sacré, l'illustrateur a su rendre le non-éclair d'intelligence encore plus vif... parce que biscotto, en fait, si il existait, ce serait juste un monstre, on lui balancerait une seringue hypodermique dans les fesses et on le foutrait à medrano... mais voilà, c'est un gosse, et comme tout le monde, il veut juste avoir sa place... une fois de plus, comme dans plein de mes livres, le narrateur est un peu moi, un gamin qui va faire le lien entre le monstre et les autres... j'avais déjà raconté ça dans "tu parles charles!", dans "l'enfant qui grandissait", dans "pierre noël"... et je suis bien obligé de reconnaitre de j'ai un truc à raconter avec ça... le rapport entre la normalité représenté par une masse anonyme des élèves, des adultes, et la monstruosité, représenté par ce type hénaurme... et le narrateur, moi, au milieu... qui ne choisit ni la norme, ni la marginalité... désolé, hein, je veux pas me lancer dans un auto analyse barbante de mon oeuvrette, c'est juste que c'est troublant de se rendre compte que quand on écrit, on parle finalement de 2 ou 3 choses, pas plus, de 30 ou 40 manières différentes...
voilà, c'est Biscotto... et je me suis amusé à restituer l'ambiance de l'école quand j'étais petit... et aussi une fois de plus, à montrer un monde où les enfants réglent leur problème entre eux, avec des adultes dépassés ou démissionnaires...
La révolution
Une révolution, parait il, c'est faire un tour sur soi même. Alors disons que c'est ce que je fais. L'expérience est curieuse: je suis en train d'écrire une sorte d'autobiographie. En fait, c'est pas vraiment ça: j'écris un livre sur mon rapport à l'écriture. Et pour ça, je raconte un peu ma vie. Beaucoup, même. Bien sur, il y a le coté: mais ça va intéresser qui? mais en même temps, si je me posais tout le temps cette question, je n'écrirais plus une ligne.
Bon, ce bouquin qui s'adressera aux ados, a quand même un but avoué: montrer qu'on peut aimer écrire sans être premier de la classe. Que l'écriture, ou la littérature, c'est pas forcément un truc d'intello. Et que, accessoirement, ça peut leur servir pour draguer...
GERARD COIFFURE

Mon nouveau livre, c'est "gérard coiffure" chez escabelle, une toute jeune maison d'édition... pour être honnête, c'est un texte que j'ai écrit voici quelques années, mais dont personne ne voulait: hum hum, un bouquin pour enfants dont le personnage titre est le coiffeur officiel de joe dassin... les éditeurs baissaient les yeux, faisaient une mine désolée... vous croyez vraiment que ça va intéresser les enfants? ils savent même pas qui c'est joe Dassin...alors, moi, je l'avais remis dans ma culotte, me promettant de le ressortir de la dite culotte , si je tombais un jour sur un improbable éditeur fan de Joe Dassin. C'est arrivé! comme quoi, tout arrive...
a vrai dire, j'adore raconter des chroniques où il ne se passe rien, où le personnage n'a rien à faire dans un livre pour enfants, un coiffeur, un qui rève de sa vie d'avant, celle où il était coiffeur des stars des années 70... et puis j'adore cette variété un peu ringarde (qui a dit comment ça un peu?), et j'aime bien en parler... j'ai réussi à recaser ça dans 'hippie pop", un "je bouquine" où des gamins passent chez guy lux...
les illustrations sont de robin, l'édition est soignée, c'est une maison d'édition qui ne se la raconte pas, et qui fait du bon boulot... voilà, "gérard coiffure" à lire en écoutant radio nostalgie...
Il existe une fois par siècle
Bonsoir,
voici un texte inédit, je ne sais pâs encore ce que je vais en faire... ou une partie d'u roman, ou une nouvelle, ou rien... dites moi ce que vous en pensez...
v
Il existe une fois par siècle, une journée où chacun fait ce qu’il veut. L’oiseau nage, le serpent vole, et l’homme de peu achète tout ce qu’il veut, et même ce qu’il ne veut pas.
Au XX°, cela s’est passé au début des années 1940. La journée avait débuté curieusement: la lune croisait obstinément ses bras d’or au dessus des nuages, frôlant le soleil en un tango céleste. La pluie arrosait à moitié les champs, une goutte sur deux, et les arbres battaient des feuilles comme d’autres battent des ailes. Il faisait beau, pourtant, malgré la pluie, malgré la guerre.
Le premier homme sur terre à faire ce qu’il voulait fut un paysan du sud de l’Italie. Aux premières lueurs de l’aube, il quitta son lit et sa femme, belle comme une paysanne du sud de l’Italie. Remontant le chemin creux qu’il remontait tous les matins depuis qu’il était en age de marcher, il ouvrit avec son pied la barrière en bois, et s’allongea au milieu de son champ. Il croisa ses bras derrière la nuque, ferma les yeux et attendit en souriant que la journée finisse.
Au même instant, en Inde, un intouchable se fit toucher par une princesse de contes de fées.
Partout sur terre, des hommes et des femmes, sans crainte, ni du bien ni du mal, ouvraient leur cœur à ce qu’ils désiraient de plus cher. On vit ainsi une petite fille s’habiller en grande dame, et une grande dame se vêtir en petite fille. Un généralissime redevint soldat et un soldat redevint pêcheur. Un président de la république pleura enfin comme il n’avait jamais pu pleurer, et un enfant gourmand reprit trois fois du chocolat.
Ce jour-là, à Paris, car les histoires d’amour commencent toujours à Paris, un jeune allemand aima une jeune juive. Un jour comme les autres, Dieu sait ce que le jeune allemand aurait fait à la jeune juive. Un jour comme les autres, la jeune juive aurait baissé les yeux et tenté de devenir invisible. Mais ce n’était pas un jour comme les autres.
Ce jour là, Rachel décida, pour une fois, de sortir de son appartement sombre. Elle mit sa plus jolie robe, celle à fleurs et à étoile, et descendit les escaliers quatre à quatre. La concierge, perchée sur un escabeau au milieu des moineaux, ne la remarqua même pas.
Rachel fronça les sourcils dés qu’elle fut à l’orée de la rue: que voulait-elle faire, vraiment faire? Sans hésiter plus longtemps, elle marcha d’un pas décidé vers le parc, le grand, celui qui a un lac et des bassins, pour les bateaux des enfants. En chemin, elle voulut acheter une livre d’abricot à une marchande des quatre saisons. Elle glissa un œil puis deux à l’intérieur de l’échoppe. L’épicière était occupée, l’épicier aussi, des concombres plein les mains.
C’est bon, les abricots. Elle en mangea douze sur le chemin et sema autant de noyaux dans son sillage.
Elle reconnut aux rires des enfants qu’elle n’était plus loin. La grille du parc était ouverte. Le gardien bronzait tout nu sur le socle d’une statue, et une grosse dame s’étalait telle une baleine échouée sur la pelouse interdite aux baleines.
Un vieux monsieur en queue de pie distribuait des miettes de brioche à des enfants qui sifflaient et voletaient autour de son banc.
C’était bien le grand parc, celui des lacs et des bassins. Comme c’était la guerre, tout de même, des sacs de sable protégeaient des volières à colombes, des serres à plantes rares et carnivores et un kiosque à musique.
Au centre de celui-ci, Heinz, jeune nazi mélomane fermait les yeux et ouvrait la bouche. Du Mahler en sortait, comme s’il eut été naturel qu’un juif sorte du corps d’un boche. Quand il ouvrit les yeux, il vit une étoile voler dans le ciel étrangement bleu et une jeune femme entrer doucement dans l’eau du lac, étrangement bleue. Sa robe nageant en méduse autour d’elle, Rachel se laissait dériver au milieu des voiliers miniatures, des pédalos fantômes et des milliers de têtards rescapés des épuisettes d’enfants. L’eau la prenait dans ses bras comme pour la consoler de vivre dans un monde en guerre. Demain, après demain et tous les jours qui allaient suivre, elle allait souffrir, mais aujourd’hui, c’était une pause. Elle pouvait se laver de tout le mal qu’on lui avait fait, de tout le mal qu’on allait lui faire, elle pouvait pleurer son père, sa mère et ses trois sœurs, toutes les larmes de son cœur. Alors, elle pleura. Longtemps. Longtemps. Longtemps. Pour Sarah, pour Esther et pour Anna. Pour Jacob et pour Istzak. Elle pleura tant et tant que l’eau du lac commença à déborder, que le gardien descendit de son piédestal et que la grosse baleine échouée eut des souvenirs de mer méditerranée.
Pour le coup, Heinz cessa de chanter son Mahler. Comme il était sensible, il ne supporta pas d’entendre pleurer la jeune femme et, puisqu’aujourd’hui tout était permis, il entra dans le lac, et de l’eau jusqu’à l’aine, il glissa doucement son bras sous la nuque de Rachel. Matemoizelle, demanda-t-il, che fous en brie… il la souleva hors des larmes et dans un fracas de gouttelettes la porta jusqu’à la pelouse étrangement verte. Ce fut leur écrin.
Personne ne sait qui aima l’autre le premier, quelles lèvres embrassèrent les premières les lèvres amies. Le petit nazi et la jeune juive ne firent plus qu’un et tout dans le parc et dans la ville retint son souffle.
Il parait, mais peut être est-ce une légende, qu’au même instant, à Berlin, un sale petit bonhomme moustachu troquait son uniforme pour une blouse bleue trop grande pour lui. Il quitta discrètement le grand bâtiment gris et arrivé au bord du fleuve, planta son chevalet. Il attendit quelques instants en mordillant un pinceau, et quand la lumière lui parait satisfaisante, il peignit en sifflant un joli coucher de soleil.
Plus loin, dans le sud de l’Italie, un paysan ouvrit à nouveau les yeux. La nuit venait de tomber. Il se leva et sans refermer la barrière derrière lui, remonta le chemin creux qu’il remontait depuis qu’il avait appris à marcher.
Quand sa femme lui demanda si sa journée avait été bonne, il ne répondit rien. Il lui fit simplement un sourire étrangement bleu.
Ça se passe une fois par siècle, depuis que le monde est monde. Demain, ils auront tout oublié.
Tiens, si je me payais françois Busnel?
Bon, maintenant, tout le monde connait le jugement à l'emporte pièce de François Busnel... je rappelle que l'éminent critique littéraire a balancé tout de go que la littérature jeunesse était, je cite: « une invention marketing destinée à écouler une production souvent mièvre et à soutenir des maisons d'édition en mal de chiffre d'affaire. »
Valérie Zénatti lui a très bien répondu sur le site de médiapart, mais elle a encore été un peu gentille, je trouve... http://www.mediapart.fr/club/edition/bookclub/article/101210/lisez-de-la-litterature-jeunesse-francois-busnel
Moi, il se trouve que je ne suis pas gentil. Enfin, des fois si, mais pas toujours. Alors François Busnel, je vais vous répondre pas gentiment.
Déjà, vous reconnaissez un fait: on soutient les maisons d'édition en mal de chiffre d'affaire. C'est donc qu'on vend. Je le reconnais, ça se passe pas trop mal, merci. Moi même, sans que mon nom soit connu du grand public, je m'en sors pas trop mal... Et il y en a des dizaines comme moi. Mais pour que vous le sachiez, il faudrait déjà que vous preniez la peine de vous intéresser à votre sujet.
Ensuite, vous parlez d'invention marketing. Je vais vous répondre en deux temps: nos livres, nous les vendons avec peu de promotion. Depuis que j'ai démarré, j'ai eu une affiche, un marque page, deux encarts publicitaires dans la presse spécialisée. Quant à la presse, c'est simple, elle s'intéresse très peu à la littérature jeunesse. De temps en temps, une critique, un petit portrait, jamais d'articles de fond, de dossiers, aucune place à la télévision, très peu à la radio...
Alors, comment on fait pour vendre nos livres? le marketing, dites vous... mouais... pour un "harry potter" qui effectivement est une énorme machine, combien de livres et d'auteurs vivent sans marketing?
Mais alors, je répète, comment fait on pour vendre nos livres? là aussi, monsieur Busnel, réponse en deux temps: nous bénéficions d'un maillage très serré de gens que le domaine passione. On les appelle (je n'aime pas trop ce mot) des médiateurs. Bibliothécaires, instits, autres écrivains, libraires, parents, bloggeurs... c'est ça l'invention marketing? j'appellerais plutot ça un gros bouche à oreille...
Le deuxième temps de ma réponse, elle est là, et c'est ça, principalement, que j'aimerais vous dire: le mépris dans lequel vous tenez la littérature jeunesse en cache un autre:
Le mépris des lecteurs. Pensez vous vraiment que les milliers d'enfants qui se prennent de passion pour les bouquins qu'ils lisent ne soient que des cibles marketing, et qu'ils sont suffisament bêtes pour se laisser fourguer des nullités? Et nos lecteurs ce sont les enfants.
Je ne vous lirais pas la lettre qu'un enfant m'a envoyé, Basile, et que j'ai accroché devant le bureau où je travaille. Il explique pourquoi il aime mes livres, ce qu'il y a dedans, leur style, ce que ça lui évoque. Bref, il fait comme ferait tout lecteur face à un auteur dont il a apprécié les livres.
Bien sur, ce que je vous dis n'empêche pas qu'il y ait plein de bouquins nuls pour enfants qui sortent, plein de trucs uniquement commerciaux. Encore heureux! puisqu'on est un domaine littéraire comme un autre, il y a de tout chez nous, à boire et à manger!
En fait, la littérature jeunesse en est un peu là où la bande dessinée était il y a dix ans. Au bord de la reconnaissance publique. Vous avez reçu le grand Moëbius, il y a quelques semaines sur inter. Vous allez mettre encore dix ans avant de recevoir un grand illustrateur ou écrivain pour les enfants. Tant pis pour vous.
Nous, ça ne va pas nous empêcher à continuer de chercher...











