Vincent Cuvellier, et tout le baratin

14 janvier 2012

Emile!

emileo

En exclusivité mondiale, un extrait de "Emile veut une chauve-souris", premier volume de lanouvelle collection "Emile", chez gallimard-giboulées.C'est Ronan Badel qui dessine... il sort en avril, avec un autre épisode, "Emile est invisible".

 
 
 
 

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05 décembre 2011

Bernard Friot...

coucou,

petit message reçu par bernard friot, l'auteur des histoires pressées (dont vous pouvez lire l'intégralité dans les commentaires du post "l'envie"): il me répond par rapport à mon message où je décrivais ma petite crise d'écriture...

Tu as bien fait d'écrire et publier ce texte, Vincent. Sincère, interrogeant, vibrant. C'est bon de s'interroger sur son travail, de temps en temps, pour un écrivain comme pour un boulanger ou un banquier. Et de trouver des éléments de réponse. Je me pose aussi ces questions. Et trouve des éléments de réponse surtout lors de mes voyages à l'étranger. Le milieu littérature pour la jeunesse est très fermé sur lui-même et aime s'autocélébrer en permanence (à Montreuil par exemple) en oubliant sa raison d'être : les jeunes lecteurs. La littérature de jeunesse est au service (oui au service) des lecteurs en formation que sont les enfants et les ados. C'est une littérature d'apprentissage : de la lecture, de la littérature, du monde, des émotions, des codes sociaux... Ce qui ne veut dire en rien que les livres pour la jeunesse sont des livres de commande. Chacun devrait être l'expression de la (bonne) volonté d'un adulte de communiquer sincèrement avec un enfant ou un ado, ce qui demande pour commencer la capacité d'écouter, regarder, comprendre cet ado ou cet enfant. Je mets ces deux mots au singulier volontairement.

 



 

 

 



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22 novembre 2011

J'inonde le marché...

Y a 15 jours, je mettais une note désabusée où je racontais mon ras le bol d'écrire, et ma lassitude face à la surproduction. Je disais entre autres qu'on publiait trop et des fois n'importe quoi... c'est pourquoi je suis très heureux de vous annoncer mes albums et romans à venir, et en 2012, j'en sors 10!!!

C'est vraiment n'importe quoi, hein? mais bon, en même temps, en 2011, j'ai très très peu publié. Y a eu un sorte d'embouteillage chez mes éditeurs, des concours de circonstances, des recherches compliquées d'illustrateurs, et puis aussi, j'ai passé une belle année 2010/2011 de merde, ce qui explique celà!

Bon, allez, j'y vais, j'attaque la liste. J'avoue que c'est cool, je suis content d'avoir à nouveau plein de livres qui vont sortir.

Février 2012:

 "Les présidents de la république." Actes sud junior. Collection t'étais qui toi?" ill de JC Mazurie. Là, c'est dans le cadre de ma collection de bouquins historiques, je me suis dit, pour clore le premier cycle de 12 livres sortis, j'ai eu envie de faire un bouquin, bien sur, en vue des élections, avec tous les présidents français, de napoléon III à Sarkozy. Livre compliqué à faire, fastidieux, laborieux, et je suis d'autant plus content que j'ai réussi à en faire un truc au final très personnel.

Mars:

"Poing à la ligne" (anciennement "l'écrivaillon") au rouergue. Doado. ça fait longtemps que j'avais pas publié au rouergue (ça remonte à "ici londres" avec anne herbauts) et ça fait comme rentrer à la maison après un long voyage. C'est un livre autobiographique sur mes débuts d'écrivain, quand j'ai écrit et publié pour la première fois de ma vie, ado.

"Les enfants sont méchants" chez gallimard-giboulées. Ill de Aurélie Guillerey. J'adore ses illustrations, c'est la grande classe. C'est un album où un adulte  dépassé par les évènements raconte outré, tout ce que les gosses font subir aux grands... j'espère venger tous les parents du monde...

"Emile veut une chauve-souris" gallimard-giboulées. Ill de Ronan Badel et "Emile est invisible" gallimard-giboulées. Ill de Ronan Badel. Avec Ronan, avec qui j'ai déjà travaillé sur "la légendaire histoire des 12 soeurs flute", on lance une série. C'est chouette, une série, moi j'adorais ça quand j'étais mome, je suis super content d'en faire... C'est un mome, Emile, un gamin qui ne marche qu'avec ses lubies. Il se prend une obsession par album et va jusqqu'au bout...  et moi, ma lubie c'est de bosser avec des illustrateurs à la fois doués et à la fois sympas...

Mai:

"La première fois que je suis née" livre disque, gallimard giboulées. C'est la version livre disque de mon bouquin avec toujours les dessins de ch dutertre. La musique est signé du grand compositeur Marc Olivier Dupin, interprétée par Donatienne Michel-Dansac, et l'orchestre national d'ile de france dirigé par jean françois verdier... c'est le même livre que celui sorti en 2006, mais avec le cd, une nouvelle couv et en version luxe...

Juin:

"Biscotto 3 et 4" Nathan, ill par Yoann Sacré. La suite d'une série entamée l'an dernier, dans laquelle je commence à me sentir à l'aise... c'est marrant à faire, une série, les personnages évoluent sans qu'on sache vraiment comment... là, Biscoot et Hervé partent en voyage à barcelone.

Septembre:

"Les hippies" rouergue (dacodac) c'estla reprise d'un bouquin sorti dans "je bouquine" il y a deux ans... reprise bien retravaillée quand même, ce sera plus vraiment le même bouquin... l'histoire d'un mome qui chante le rythm n bleues dans les années 70...

"La fille verte" ou "jardin secret" un bouquin que je porte depuis 10 ans... gallimard-giboulées. comment une petite fille prend racine... après une très longue recherche d'illustratrice, ce livre sera dessiné par une très grande illustratrice suédoise, camilla engmann...j'avoue que je suis pas peu fier... ce qu'elle fait est somptueux.

voilà, je sais, ça fait beaucoup, mais c'est toujoursmoins que tous mes projets qui n'ont pas vu le jour...

bisous...

vincent

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07 novembre 2011

L'envie.

Bonjour,

J'avais arrété un peu de mettre des nouvelles, parce que, bon...

En plus, je ne vous cache pas que je me suis fait une petite crise où j'arrivais plus à comprendre pourquoi j'écrivais. Parce que c'est bien joli d'être écrivain, de publier, de gagner sa vie avec...mais pour en faire quoi ? il arrive un moment où être écrivain consiste à aligner les phrases sans plus trop savoir pourquoi... on empile les commandes, on fait ce qu'on sait faire, bref, on est devenu un pro, un faiseur... quant au plaisir originel, celui qui commande ou doit commander, on ne sait plus trop dans quel tiroir on l'a foutu...

Retrouver l'innocence du premier geste, avec l'expérience en plus... écrire sans penser à l'avance où on va le publier, chez qui, à combien...

Et puis bien sur, il y a aussi cette putain de relativité... un bon bouquin passe inaperçu, un médiocre cartonne, des carrières se font sur des usurpations, des grands peinent à publier... alors, au bout d'un moment, je me demande à quoi ça sert... tout simplement.

la surproduction me gonfle, chaque écrivain devrait ne publier que ce dont il est vraiment fier... mais économiquement, ça ne marche pas comme ça.

Là, ça repart gentiment, j'ai à nouveau envie d'écrire, je recommence à savoir pourquoi je fais ce boulot. Quand j'écris, j'essaie d'avoir deux notions opposées en tête. L'une: A chaque fois que j'écris une nouvelle phrase, c'est la première fois au monde qu'elle est écrite.ca ne veut pas dire qu'elle est bonne ou mauvaise. Ca veut juste dire qu'elle est est nouvelle et unique. L'autre: mes livres ne sont que des parts infimes de tout ce qui a été écrit, bon ou mauvais, depuis que les hommes écrivent, un livre de plus... Avec ces deux notions, l'une plaçant mon travail dans son aspect unique et singulier, l'autre en le relativisant, je me débrouille. Les gens qui me pensent prétentieux et intransigeant se trompent. ceux qui me croient modeste et peu sur de moi se trompent aussi.

J'ai une très grande opinion de mon métier, écrivain, parce que j'ai du batailler dur et faire des sacrifices pour le devenir. C'est pour cette raison que je pense qu'il ne faut pas le galvauder et en faire n'importe quoi. Nous, et moi le premier, on devrait être capable de ne publier que ce qu'on fait de mieux, les éditeurs devraient publier 2 fois moins, les libraires ne vendre que ce qu'ils ont envie de défendre.

Attention, hein, je suis pas aigri, bien au contraire, j'ai juste envie de continuer à faire des livres pour les enfants, et d'abord pour eux. Mais j'ai aussi envie que les auteurs pour enfants, écrivains, illustrateurs, scénaristes, soient payés correctement, j'ai envie que dans les salons du livre, les stands jeunesse ne soient pas toujours relégués au fond du chapiteau, j'ai envie que nos livres soient chroniqués dans la presse au même titre que les autres livres, j'ai envie qu'il y ait une revue qui nous soit consacrée. Bref, j'ai envie que les écrivains pour enfants soient d'abord considérés comme des écrivains.

Pour moi, ce statut inférieur qu'on a quand on publie pour la jeunesse est emblématique de la place qu'on donne aux enfants dans la société.

Et la crise permet à nombre d'éditeurs de se cacher derrière pour baisser les tarifs : il y a peu, on nous a proposé, à une dessinatrice et à moi même, pour une bd de 120 pages, la somme globale de 5 000 euros. Le tiers pour moi, le reste pour la dessinatrice, j'ai fait le calcul: 27 euros la planche pour elle. Plusieurs jours de travail pour 27 euros... voilà à peu près où on en est... on a refusé, mais le résultat est là: notre bd ne sera pas publiée, il nous aurait fallu au minimum 8000 euros pour que ce soit viable économiquement... bien sur, les éditeurs eux aussi sont soumis à la pression,mais le constat est là: les auteurs sont toujours les derniers servis, les derniers payés, et sauf pour quelques vedettes, nombre d'entre nous sont devenus des précaires de l'écriture ou de l'illustration... moi, j'ai pas trop à me plaindre, je m'en sors, comme on dit... mes éditeurs assurent, il y a des liens, on fait des livres ensemble, on va dans le même sens, avec mes illustrateurs aussi, et c'est cool...

Bref, je me suis fait un petit réajustement. Et je recommence à trouver du sens à mon boulot. Je recommence à avoir envie (comme dirait johnny, qu'on nous donne l'envie, l'envie d'avoir envie!), d'écrire juste pour le plaisir, sans me demander si ça sera publié ou non.

Parce que putain, c'est bon d'écrire, quand même...

 

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05 juin 2011

Biscotto I et II

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Je suis heureux de vous présenter mon nouveau bébé, qui a un peu eu du mal à passer , vu qu'il est énorme: c'est Biscotto. C'est marrant comme on est faits, hein, au début, je décide d'écrire une petite série légère, sans prétention, juste pour rigoler, et à l'arrivée, je me retrouve à traiter une fois de plus un thème qui me travaille, si j'étais david lynch je dirais qui m'obsède... j'explique: un gamin, hervé le bourzellec, à brest dans les années 70, voit débouler un type de son age, monstrueux, énorme, qui ne dit rien d'autre que "j'ai faim", qui casse tout, qui fait peur aux enfants, aux profs... c'est Biscotto, que yoann sacré, l'illustrateur a su rendre le non-éclair d'intelligence encore plus vif... parce que biscotto, en fait, si il existait, ce serait juste un monstre, on lui balancerait une seringue hypodermique dans les fesses et on le foutrait à medrano... mais voilà, c'est un gosse, et comme tout le monde, il veut juste avoir sa place... une fois de plus, comme dans plein de mes livres, le narrateur est un peu moi, un gamin qui va faire le lien entre le monstre et les autres... j'avais déjà raconté ça dans "tu parles charles!", dans "l'enfant qui grandissait", dans "pierre noël"... et je suis bien obligé de reconnaitre de j'ai un truc à raconter avec ça... le rapport entre la normalité représenté par une masse anonyme des élèves, des adultes, et la monstruosité, représenté par ce type hénaurme... et le narrateur, moi, au milieu... qui ne choisit ni la norme, ni la marginalité... désolé, hein, je veux pas me lancer dans un auto analyse barbante de mon oeuvrette, c'est juste que c'est troublant de se rendre compte que quand on écrit, on parle finalement de 2 ou 3 choses, pas plus, de 30 ou 40 manières différentes...

voilà, c'est Biscotto... et je me suis amusé à restituer l'ambiance de l'école quand j'étais petit... et aussi une fois de plus, à montrer un monde où les enfants réglent leur problème entre eux, avec des adultes dépassés ou démissionnaires...

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06 avril 2011

La révolution

Une révolution, parait il, c'est faire un tour sur soi même. Alors disons que c'est ce que je fais. L'expérience est curieuse: je suis en train d'écrire une sorte d'autobiographie. En fait, c'est pas vraiment ça: j'écris un livre sur mon rapport à l'écriture. Et pour ça, je raconte un peu ma vie. Beaucoup, même. Bien sur, il y a le coté: mais ça va intéresser qui? mais en même temps, si je me posais tout le temps cette question, je n'écrirais plus une ligne.

Bon, ce bouquin qui s'adressera aux ados, a quand même un but avoué: montrer qu'on peut aimer écrire sans être premier de la classe. Que l'écriture, ou la littérature, c'est pas forcément un truc d'intello. Et que, accessoirement, ça peut leur servir pour draguer...

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03 mars 2011

GERARD COIFFURE

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Mon nouveau livre, c'est "gérard coiffure" chez escabelle, une toute jeune maison d'édition... pour être honnête, c'est un texte que j'ai écrit voici quelques années, mais dont personne ne voulait: hum hum, un bouquin pour enfants dont le personnage titre est le coiffeur officiel de joe dassin... les éditeurs baissaient les yeux, faisaient une mine désolée... vous croyez vraiment que ça va intéresser les enfants? ils savent même pas qui c'est joe Dassin...alors, moi, je l'avais remis dans ma culotte, me promettant de le ressortir de la dite culotte , si je tombais un jour sur un improbable éditeur fan de Joe Dassin. C'est arrivé! comme quoi, tout arrive...

a vrai dire, j'adore raconter des chroniques où il ne se passe rien, où le personnage n'a rien à faire dans un livre pour enfants, un coiffeur, un qui rève de sa vie d'avant, celle où il était coiffeur des stars des années 70... et puis j'adore cette variété un peu ringarde (qui a dit comment ça un peu?), et j'aime bien en parler... j'ai réussi à recaser ça dans 'hippie pop", un "je bouquine" où des gamins passent chez guy lux...

les illustrations sont de robin, l'édition est soignée, c'est une maison d'édition qui ne se la raconte pas, et qui fait du bon boulot... voilà, "gérard coiffure" à lire en écoutant radio nostalgie...

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24 janvier 2011

Il existe une fois par siècle

Bonsoir,

voici un texte inédit, je ne sais pâs encore ce que je vais en faire... ou une partie d'u  roman, ou une nouvelle, ou rien... dites moi ce que vous en pensez...

v

Il existe une fois par siècle, une journée où chacun fait ce qu’il veut. L’oiseau nage, le serpent vole, et l’homme de peu achète tout ce qu’il veut, et même ce qu’il ne veut pas.

Au XX°, cela s’est passé au début des années 1940.  La journée avait débuté curieusement: la lune croisait obstinément ses bras d’or au dessus des nuages, frôlant le soleil en un tango céleste. La pluie arrosait à moitié les champs, une goutte sur deux, et les arbres battaient des feuilles comme d’autres battent des ailes. Il faisait beau, pourtant, malgré la pluie, malgré la guerre.

Le premier homme sur terre à faire ce qu’il voulait fut un paysan du sud de l’Italie. Aux premières lueurs de l’aube, il quitta son lit et sa femme, belle comme une paysanne du sud de l’Italie. Remontant le chemin creux qu’il remontait tous les matins depuis qu’il était en age de marcher, il ouvrit avec son pied la barrière en bois, et s’allongea au milieu de son champ. Il croisa ses bras derrière la nuque, ferma les yeux et attendit en souriant que la journée finisse.

Au même instant, en Inde, un intouchable se fit toucher par une princesse de contes de fées.

Partout sur terre, des hommes et des femmes, sans crainte, ni du bien ni du mal, ouvraient leur cœur à ce qu’ils désiraient de plus cher. On vit ainsi une petite fille s’habiller en grande dame, et une grande dame se vêtir en petite fille.  Un généralissime redevint soldat et un soldat redevint pêcheur. Un président de la république pleura enfin comme il n’avait jamais pu pleurer, et un enfant gourmand reprit trois fois du chocolat.

Ce jour-là, à Paris, car les histoires d’amour commencent toujours à Paris, un jeune allemand aima une jeune juive.  Un jour comme les autres, Dieu sait ce que le jeune allemand aurait fait à la jeune juive. Un jour comme les autres, la jeune juive aurait baissé les yeux et tenté de devenir invisible. Mais ce n’était pas un jour comme les autres.

Ce jour là, Rachel décida, pour une fois, de sortir de son appartement sombre.  Elle mit sa plus jolie robe, celle à fleurs et à étoile, et descendit les escaliers quatre à quatre. La concierge, perchée sur un escabeau au milieu des moineaux, ne la remarqua même pas.

Rachel fronça les sourcils dés qu’elle fut à l’orée de la rue: que voulait-elle faire, vraiment faire? Sans hésiter plus longtemps, elle marcha d’un pas décidé vers le parc, le grand, celui qui a un lac et des bassins, pour les bateaux des enfants. En chemin, elle voulut acheter une livre d’abricot à une marchande des quatre saisons. Elle glissa un œil puis deux à l’intérieur de l’échoppe.  L’épicière était occupée, l’épicier aussi, des concombres plein les mains.

C’est bon, les abricots. Elle en mangea douze sur le chemin et sema autant de noyaux dans son sillage.

Elle reconnut aux rires des enfants qu’elle n’était plus loin. La grille du parc était ouverte. Le gardien  bronzait tout nu sur le socle d’une statue, et une grosse dame s’étalait telle une baleine échouée sur la pelouse interdite aux baleines.

Un vieux monsieur en queue de pie distribuait des miettes de brioche à des enfants qui sifflaient et voletaient autour de son banc.

C’était bien le grand parc, celui des lacs et des bassins.  Comme c’était la guerre, tout de même, des sacs de sable protégeaient des volières à colombes, des serres à plantes rares et carnivores et un kiosque à musique.

Au centre de celui-ci, Heinz, jeune nazi mélomane fermait les yeux et ouvrait la bouche. Du Mahler en sortait, comme s’il eut été naturel qu’un juif sorte du corps d’un boche. Quand il ouvrit les yeux, il vit une étoile voler dans le ciel étrangement bleu et une jeune femme entrer doucement dans l’eau du lac, étrangement bleue. Sa robe nageant en méduse autour d’elle, Rachel se laissait dériver au milieu des voiliers miniatures, des pédalos fantômes et des milliers de têtards rescapés des épuisettes d’enfants. L’eau la prenait dans ses bras comme pour la consoler de vivre dans un monde en guerre. Demain, après demain et tous les jours qui allaient suivre, elle allait souffrir, mais aujourd’hui, c’était une pause. Elle pouvait se laver de tout le mal qu’on lui avait fait, de tout le mal qu’on allait lui faire, elle pouvait pleurer son père, sa mère et ses trois sœurs, toutes les larmes de son cœur.  Alors, elle pleura. Longtemps. Longtemps. Longtemps. Pour Sarah, pour Esther et pour Anna. Pour Jacob et pour Istzak. Elle pleura tant et tant que l’eau du lac commença à déborder, que le gardien descendit de son piédestal et que la grosse baleine échouée eut des souvenirs de mer méditerranée.

Pour le coup, Heinz cessa de chanter son Mahler. Comme il était sensible, il ne supporta pas d’entendre pleurer la jeune femme et, puisqu’aujourd’hui tout était permis, il entra dans le lac, et de l’eau jusqu’à l’aine, il glissa doucement son bras sous la nuque de Rachel. Matemoizelle, demanda-t-il, che fous en brie…  il la souleva hors des larmes et dans un fracas de gouttelettes la porta jusqu’à la pelouse étrangement verte. Ce fut leur écrin.

Personne ne sait qui aima l’autre le premier, quelles lèvres embrassèrent les premières les lèvres amies. Le petit nazi et la jeune juive ne firent plus qu’un et tout dans le parc et dans la ville retint son souffle.

Il parait, mais peut être est-ce une légende, qu’au même instant, à Berlin, un sale petit bonhomme moustachu troquait son uniforme pour une blouse bleue trop grande pour lui. Il quitta discrètement le grand bâtiment gris et arrivé au bord du fleuve, planta son chevalet. Il attendit quelques instants en mordillant un pinceau, et quand la lumière lui parait satisfaisante, il peignit en sifflant un joli coucher de soleil.

Plus loin, dans le sud de l’Italie, un paysan ouvrit à nouveau les yeux. La nuit venait de tomber. Il se leva et sans refermer la barrière derrière lui, remonta le chemin creux qu’il remontait depuis qu’il avait appris à marcher.

Quand sa femme lui demanda si sa journée avait été bonne, il ne répondit rien. Il lui fit simplement un sourire étrangement bleu.

Ça se passe une fois par siècle, depuis que le monde est monde. Demain, ils auront tout oublié.

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20 janvier 2011

Tiens, si je me payais françois Busnel?

Bon, maintenant, tout le monde connait le jugement à l'emporte pièce de François Busnel... je rappelle que l'éminent critique littéraire a balancé tout de go que la littérature jeunesse était, je cite:  « une invention marketing destinée à écouler une production souvent mièvre et à soutenir des maisons d'édition en mal de chiffre d'affaire. »

Valérie Zénatti lui a très bien répondu sur le site de médiapart, mais elle a encore été un peu gentille, je trouve... http://www.mediapart.fr/club/edition/bookclub/article/101210/lisez-de-la-litterature-jeunesse-francois-busnel

Moi, il se trouve que je ne suis pas gentil. Enfin, des fois si, mais pas toujours. Alors François Busnel, je vais vous répondre pas gentiment.

Déjà, vous reconnaissez un fait: on soutient les maisons d'édition en mal de chiffre d'affaire. C'est donc qu'on vend. Je le reconnais, ça se passe pas trop mal, merci. Moi même, sans que mon nom soit connu du grand public, je m'en sors pas trop mal... Et il y en a des dizaines comme moi. Mais pour que vous le sachiez, il faudrait déjà que vous preniez la peine de vous intéresser à votre sujet.

Ensuite, vous parlez d'invention marketing. Je vais vous répondre en deux temps: nos livres, nous les vendons avec peu de promotion. Depuis que j'ai démarré, j'ai eu une affiche, un marque page, deux encarts publicitaires dans la presse spécialisée. Quant à la presse, c'est simple, elle s'intéresse très peu à la littérature jeunesse. De temps en temps, une critique, un petit portrait, jamais d'articles de fond, de dossiers, aucune place à la télévision, très peu à la radio...

Alors, comment on fait pour vendre nos livres? le marketing, dites vous... mouais... pour un "harry potter" qui effectivement est une énorme machine, combien de livres et d'auteurs vivent sans marketing?

Mais alors, je répète, comment fait on pour vendre nos livres? là aussi, monsieur Busnel, réponse en deux temps: nous bénéficions d'un maillage très serré de gens que le domaine passione. On les appelle (je n'aime pas trop ce mot) des médiateurs. Bibliothécaires, instits, autres écrivains, libraires, parents, bloggeurs... c'est ça l'invention marketing? j'appellerais plutot ça un gros bouche à oreille...

Le deuxième temps de ma réponse, elle est là, et c'est ça, principalement, que j'aimerais vous dire: le mépris dans lequel vous tenez la littérature jeunesse en cache un autre:

Le mépris des lecteurs. Pensez vous vraiment que les milliers d'enfants qui se prennent de passion pour les bouquins qu'ils lisent ne soient que des cibles marketing, et qu'ils sont suffisament bêtes pour se laisser fourguer des nullités? Et nos lecteurs ce sont les enfants.

Je ne vous lirais pas la lettre qu'un enfant m'a envoyé, Basile, et que j'ai accroché devant le bureau où je travaille. Il explique pourquoi il aime mes livres, ce qu'il y a dedans, leur style, ce que ça lui évoque. Bref, il fait comme ferait tout lecteur face à un auteur dont il a apprécié les livres. 

Bien sur, ce que je vous dis n'empêche pas qu'il y ait plein de bouquins nuls pour enfants qui sortent, plein de trucs uniquement commerciaux. Encore heureux! puisqu'on est un domaine littéraire comme un autre, il y a de tout chez nous, à boire et à manger!

En fait, la littérature jeunesse en est un peu là où la bande dessinée était il y a dix ans. Au bord de la reconnaissance publique. Vous avez reçu le grand Moëbius, il y a quelques semaines sur inter. Vous allez mettre encore dix ans avant de recevoir un grand illustrateur ou écrivain pour les enfants. Tant pis pour vous.

Nous, ça ne va pas nous empêcher à continuer de chercher...

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17 décembre 2010

télématin

http://telematin.france2.fr/?page=chronique&id_article=22589

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bilans et perspectives...

Ah qu'il est bon de se retourner sur son passé avec la satisfaction du travail accompli... Ah, qu'il est doux de se projeter vers l'avenir avec l'assurance du vieux loup de mer qui a déjà traversé 3 fois l'atlantique et à qui on ne la fait pas... ah qu'il est bon de voir les gens glisser sur la neige et s'en prendre plein la face de froid alors que vous ètes tranquillement assis à votre bureau, bien au chaud...

Dans les petites nouvelles concernant ma carrière internationale (d'ailleurs un jour il faudra m'expliquer pourquoi la carrière professionnelle et la carrière de cailloux sont le même mot, alors que le premier se construit en ajoutant des petits bouts aux petits bouts, la seconde, la carrière de cailloux semble être l'exact inverse: elle se forme à mesure qu'on en enlève des morceaux, petits bouts par petits bouts... tiens, bizarre, faudra réfléchir à ça, un jour...), un petit bilan s'impose:

la légendaire histoire des 12 soeurs Flute avec ronan badel chez gallimard-giboulées poursuit son petit bonhomme de chemin... perso, c'est un livre dont je suis très content, parce que je l'ai écrit en roue libre et en liberté totale, et c'est généralement comme ça que j'arrive à sortir le meilleur de moi même, et aussi pour les dessins de ronan badel, et pour le travail avec lui...

"le temps des marguerite" toujours chez gallimard giboulées, avec Robin, va être à nouveau disponible dans peu de temps... je rappelle, c'est cette bd où deux petites filles échangent chacune leur époque: 1910 et 2010...

"L'histoire de Clara", dont à la fois une adaptation théatrale par olivia kryger est en tournée, et une possible adaptation musicale est en projet, est nominé pour le prix tam tam, qui sera remis je crois au mois de mars...

"La première fois que je suis née", après la création du spectacle musical fin novembre salle pleyel, continue sa route... le spectacle avec l'excellente composition de Marc olivier dupin, devrait tourner, pour l'instant, il sera à l'affiche du théatre de l'espace à besançon au mois de mars...

Au niveau de ma collection chez actes sud junior, le staline écrit par irène cohen janca et illustré par guillaume long est bien remarqué par la critique, et c'est cool et mérité...

voilà pour le passif, maintenant l'actif:

Chez Gallimard-giboulées, sous la houlette de colline faure-poirée, 3 albums sont prévus: "le papillon", "les enfants sont méchants", et "la fille verte"... 3 albums très très différents, qui sont en attente de réponses d'illustrateurs, et qui devraient sortir sagement, les uns après les autres... (sans doute la fille verte en premier)

Au mois de février sort "gérard coiffure" chez la jeune maison d'édition "escabelle", dessins de robin...

6 nouveaux titres de la collection "t'étais qui toi?" chez actes du sont en préparation: jules césar, catherine de médicis et toussaint louverture, sortent cet hiver, puis ce sont au tour de Churchill et robespierre, avec comme auteurs deux jolies surprises et deux belles plumes... quant à moi, je me réserve "les présidents de la république", carrément, tous d'un coup, et ça un peu avant les élections présidentielles...

Ma première série sortira aux éditions nathan, en mai juin, avec les dessins de Yoann sacré... ça s'appellera "Biscotto" et ce sera à la fois marrant, et à la fois inspiré de mon enfance...

J'ai aussi une bd en cours, en attente de dessinateur et d'éditeur, "la cire moderne", des projets musicaux, et toujours ma série hebdomadaire pour le journal "Pélerin" avec robin...

Bon, be, je crois que j'ai fait le tour!

Bisous, les filles...

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01 décembre 2010

Mes dédicaces à Montreuil...

bonjour,

alors, moi mon programme de dédicaces et de conférences débute jeudi matin:

Jeudi: 11 heures:Rencontre autour de "l'histoire de clara" (nominé au prix tam tam.) salle des prix littéraires, niveau -1.

14 heures: Rencontre autour des livres nominés au tam tam: avec Soazig le Bail, etc... salle des prix littéraires. niveau -1.

Samedi: 13h30: dédicace stand actes sud junior, autour de la collection "t'étais qui, toi?" avec Ronan Badel et Guillaume Long.

Dimanche: 10 heures. Stand Gallimard, autour de "la légendaire histoire des 12 soeurs flute" et de mes albums chez giboulées, dédicace avec Ronan Badel.

bises, peut être à Montreuil...

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29 novembre 2010

Comment monter sur la scène de la salle Pleyel sans savoir jouer "au clair de la lune " à la flûte...

Franchement, dans ma vie, j'en ai eu des émotions, des pieds pas possibles, des coups où je me suis dit "ah oui, quand même!" Mais hier, franchement, c'était, euh, comment dire, incroyable...

Y a eu quand à 16 ans, on m'a annoncé que j'avais gagné le prix du jeune écrivain et que j'allais être publié, après, y a eu le prix tam tam à Montreuil qui était comme si on me disait "c'est bon, ça y est, tu es écrivain, y a eu mon premier rendez vous chez gallimard pour signer 2 contrats, et puis y a eu hier... ou comment on peut monter sur cette scène mythique de la musique classique sans savoir jouer une note de pipeau...

Le contexte vite fait, mon livre "la première fois que je suis née" était adapté musicalement par marc olivier dupin, interprété par l'orchestre national de paris, et par donatienne michel-dansac... je retire mes invites, j'accueille mes invitées, le trac monte, punaise, j'ai souvent fait des spectacles, je suis monté sur scène des dizaines de fois depuis mes 15 ans, mais là, le trac est différent... bon, je suis guidé par marc olivier dupin qui connait tout ça par coeur (il est aussi directeur de france musique, ancien directeur du conservatoire de paris et de l'orchestre de paris)...

Bon, d'abord, il y a Babar... il y a toujours Babar... si la musique de poulenc est belle, faut reconnaitre que jean de brunoff a du écrire ça avec sa trompe... seconde partie, salut babar, la soprano interprète rentre, je prend mon souffle, bien assis dans la salle... et là, c'est bête, hein, mais dés les premières notes, je sens que c'est bon, que ça y est, que ça fonctionne... la musique de marc olivier est à la fois narrative et évocatrice, fine et tendre, présente et pas envahissante...

les gamins accrochent, je regarde un peu dans la salle, la soprano s'amuse, moi aussi, les images projetées des dessins de charles dutertre fonctionnent à plein, bref, j'ai l'impression de faire partie d'un truc qui marche... je verse ma larme de temps en temps... il manque quelqu'un, mais c'est la vie... et quand marc olivier dupin m'attrape à la fin et m'intime de monter sur la scène avec lui, le chef, les 40 musiciens et les comédiennes, je me prend une espèce de bouffée mélangée d'adrénaline, de plaisir brut, de gène et d'émotion dans la figure. Je n'ai alors qu'une attitude possible face à prés de 2000 spectateurs: je mets les mains dans les poches, je souris et je salue comme saluent les autres...

des fois, y a que ça à faire: fourrer les mains dans les poches et sourire...

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27 novembre 2010

coming out

Bon ben, vu que hier, j'ai fait mon hara-kiri, je peux bien aujourd'hui, faire mon coming-out... bon ben voilà, tadam:

je suis Chrétien.

je veux dire croyant, quoi. Je crois en Dieu, quoi.

Vous allez me dire on s'en fout, oui, mais voilà, pas moi. Parce que je vous jure que parler de religion ou de sa foi, par les temps qui courent, c'est pas évident du tout... j'ai bien vu aux visages effarés de certains que si j'avais dit que j'étais drogué et que je tapais des vieilles, ça n'aurais pas choqué autant. On m'a demandé si j'étais dans une secte, si j'avais des problèmes ces temps ci, on m'a parlé du pape et de ses capotes, de l'inquisition, j'ai même eu droit aux croisades. Un jour, on m'a même reproché d'avoir mis un personnage de prêtre dans un livre de noël! et quand j'ai répondu que "ben noël, c'est une fête religieuse, quand même...", la personne m'a répondu: "ah oui, je voyais pas ça comme ça..."Et moi, ça me gonfle, j'ai autant envie de pouvoir parler librement de ma foi que d'autre chose. Bien sur, je sais que ça fait partie de l'intimité, mais après tout, on parle souvent d'autres sujets tout aussi intimes. J'ai juste envie de pouvoir en parler, l'évoquer normalement, sans qu'on me prenne au mieux pour un doux dingue, au pire pour un gros réac.

Et puis justement, j'ai pas envie de laisser ce sujet aux cathos raides et moralistes. J'ai envie aussi de dire qu'on peut être croyant et que chacun fait ce qu'il veut, que tout le monde peut bien coucher avec tout le monde, pour moi, plus y a du plaisir, mieux c'est!

Le pire dans tout ça, c'est que c'est la foi que j'aime.. j'ai beaucoup d'admiration pour la religion juive, quand je passe devant une mosquée, j'ai une irépressible envie de rentrer et de prier, j'aime l'idée de Dieu.

Bon, souvent, je me prend dans la gueule le mépris des athés, genre "ah non, pour moi les religions, c'est tout de la connerie, toutes les guerres sont à cause de ça..." Déjà, ça, j'en suis pas si sur... les nazis étaient complètement paiens, Staline, complètement athé, les laïcards de la III ° république ont été des colonisateurs forcenés... (avec la complicité de l'église, bien sur)

Bien sur, il y a le vatican, l'église, quoi... ça c'est compliqué... comment un message aussi révolutionnaire (je parle pour moi, hein, en mon nom seul), a pu être instrumentalisé et récupéré par les gens les plus installés, les plus conventionnels du monde? j'ai bien une idée, mais c'est vrai que c'est compliqué quand on dit qu'on est croyant d'être aussitot associé à l'église catholique. Pffff, et puis, ils sont soulants avec leur morale réactionnaire, mais ils n'en ont pas le monopole: il y a aussi de grands moralistes athés, de grands moralistes de gauche...

Moi, en fait, j'ai retrouvé la foi que j'avais enfant... oh, c'est pas d'une grande portée intellectuelle ou philosophique, ok, je suis l'inverse d'un théologien... je prend juste le message du nouveau testament comme un truc libérateur, qui prone la liberté totale. Et j'adore ça... pour moi, être le plus soi même c'est être le plus proche de Dieu.

Je me suis fait une belle crise mystique vers la trentaine, je suis parti marcher sur la route pendant plusieurs mois, sans donner de nouvelles, juste en lisant un passage du nouveau testament, le soir, devant ma tente à la lampe de poche... et puis après la crise s'est calmée, ma foi est devenue plus quotidienne... je ne pense pas que ce soit de la morale, mais tous mes bouquins sont traversés par ça... et maintenant, ben, je le vis de manière plutot sereine, si ce n'était ce truc pénible de ne pas pouvoir en parler avec la plupart des gens que je cotoie...

J'ai envie d'en parler aujourd'hui, sans doute parce que je rentre du Liban. Là bas, la religion est partout, il y a des églises maronites à côté de mosquées sunnites et j'ai même vu des magasins de sous vêtements entre deux batiments religieux. Les dignitaires chiites sont regardés comme des guides, les gens se promènent avec un chapelet dans la main, les chrétiens se signent quand ils passent devant une église, j'ai vu des femmes voilées sur la corniche, embrasser tendrement leur compagnon... c'est bête, hein, mais j'adore cette foi omniprésente, cet espèce d'équilibre compliqué et fragile, qui, au moins maintenant, fonctionne à peu prés.

Un jour, j'ai vu une maitresse d'école qui m'a dit: "houlà, j'avais lu sur votre blog que vous étiez parti marcher avec une bible, j'ai eu peur que vous soyez un vieux réac et que vous n'allez parler que de ça." Ben non, madame, on peut être chrétien et être un type à peu prés normal...

Bon allez, j'y vais, le pape a dit que j'avais le droit d'acheter des capotes... je vais en acheter 100. C'est bien 100.

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la première fois à Pleyel...

"La première fois que je suis née" salle Pleyel, c'est demain dimanche, à 11 heures... l'adaptation musicale de notre livre par Marc olivier dupin, interprétée par l'orchestre national de Paris ile de france... franchement, c'est juste génial... c'est le genre de truc que t'imagines même pas en rêve... maintenant, je n'ai qu'une envie (à part voir et entendre le spectacle, bien sur), c'est de monter de toutes pièces un spectacle musical, une sorte de comédie musicale pour enfants...

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20 octobre 2010

la légendaire histoire des 12 soeurs Flute.

Salut,

voilà mon nouveau bouquin, il sort là, ces jours, édité par Gallimard-Giboulées, comme la plupart de mes albums depuis bientot 4 ans. C'est mon 7° avec eux, et comme à chaque fois, on a travaillé ensemble, écrivain, illustrateur, graphiste, pour que l'objet soit le plus en conformité possible avec ce qu'on veut raconter... (et entre parenthèse, c'est comme ça que ça devrait toujours être si on veut éviter des objets conventionnels...)

Bon, là, ce que je voulais raconter, vous allez voir si vous le lisez, c'est un peu une histoire sans queue ni tête, mais en fait pas tant que ça. Je suis parti à l'écrire, il y a quelques mois, sans du tout savoir ce que ça allait donner, ni même sans intention de le publier. Je suis parti à l'aventure, comme on fait une fugue... c'est une histoire qui s'est inventée au fur et à mesure, un peu par hasard et par fantaisie, et si je retombe sur mes pattes à la fin, c'est un peu par hasard...

Mon partenaire, pour la première fois, c'est Ronan Badel, breton itou, qui partage avec moi le gout de raconter des histoires et de s'adresser aux enfants. Chez lui, pas d'ostentation ni de virtuosité stérile: le gout du trait, et l'envie de faire plaisir aux gamins qui vont nous lire... bref, j'arrète de faire des phrases, on s'est bien marré, on est très content, et on sera encore plus content si les momes sont contents. Ce qui après tout est un peu notre boulot.

Et puis, pour la première fois, mon gamin de 3 ans a compris grosso modo quand j'ai reçu mon carton de livres que c'était un livre de papa... je lui en ai donné un, il m'a fait le même sourire que quand on mange un bon truc. Après je lui ai lu. Il a rien compris, mais pendant 5 minutes, il a oublié de demander un tateau, un bonbon ou un talin.

"la légendaire histoire des 12 soeurs Flûte."  Illustrations de Ronan Badel. Gallimard-Giboulées.

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12 octobre 2010

Staline

Le 6° livre de la collection "t'étais qui, toi?", j'en suis pas peu fier... en fait, il symbolise ce que j'ai envie avec cette collection: parler de tout sans tabou... en effet, on se rend pas compte, mais parler de staline (ou d'autres) aux enfants, c'est pas facile, et c'est pas courant... moi, j'en avais un peu marre de tous ces portraits de nelson mandela ou gandhi ou martin luther king, montrés en exemples un peu édifiants à l'usage de la moralité de nos petits... et pourquoi on ne parlerait pas aussi des dictateurs, des tyrans? on apprend autant à savoir comment staline, hitler ou d'autres, sont devenus ce qu'ils sont devenus...

Au début, c'est irène cohen janca, écrivain entre autres de "l'étoile de kostia" au rouergue qui m'a dit, comme je lui parlais de mon projet de collec: "Oh, je me paierai bien staline, moi..."

Comme j'envisageais cette collection en rupture par rapport à ce qui existait dans le domaine, je me suis dit que ça allait tout à fait dans mes intentions. Comment parler, comment raconter Staline à des mômes de 9-10 ans? à mon avis, parler simplement, franchement, clairement, sans rien lui cacher, mais sans non plus le traumatiser, tant qu'à faire. Mais rien éluder... c'est ce qu'a fait irène, avec fougue. Et après, on a fait appel à Guillaume Long, qui a incroyablement bien réussi à rendre humain le personnage sans le rendre attachant. Exactement ce que je voulais. L'autre jour, quelqu'un me disait que ça faisait trop charlie hebdo et que les gamis n'accrocheraient pas à ce style... c'est exactement ce qu'on veut essayer de faire, avec actes sud et les auteurs, créer avec les dessins, un second degré fort, comme il en existe dans le dessin de presse... franchement, ça va leur changer de tous ces trucs hagiographiques... de toutes façons, depuis des années, j'ai l'obsession de ne pas prendre les gamins pour des idiots... c'est l'occasion de voir si ça marche dans le domaine historique aussi...

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"Staline" d'Irène Cohen-Janca et Guillaume Long. T'étais qui, toi? Actes Sud Junior.

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11 octobre 2010

Benjamin Franklin

Suite de la présentation des nouveaux titres de "T'étais qui, toi?" Avant Sitting Bull hier, et avant sitting bull demain, voilà le papa des américains, benjamin franklin. Pour ce titre, c'est Michel le bourhis, écrivain pour ados qui s'y est collé. Pour les illustrations, c'est Aurélie Grand, qui avait déjà illustré un de mes livres "jean débile monchon et moi."

Tout ce que j'en connaissais, moi, de ce type, c'était un vieil episode de Mr Magoo... c'était surtout une bonne porte d'entrée sur l'histoire des états Unis, parce que le bonhomme embrasse prés d'un siècle et accesoirement il embrasse pas que le siècle. Gros bouffeur, super dragueur, c'est ce qu'on appelle un jouisseur, et alors que nous, dans nos petites vies, on souffre à ne faire ne serait ce qu'un tout petit petit truc de notre vie, lui, il invente plein de trucs, des chauffages, des lunettes, des instruments de musique, le paratonnerre, il crée la bibliothèque de prêt, la compagnie d'incendie, et travaille à l'indépendance des états unis... punaise, il a vécu vieux, mais quand même... à titre d'exemple, moi, aujourd'hui, j'ai pas réussi à ranger les meubles de mon salon, trois jours après une fête...

Michel le bourhis prend le ton du tonton qui sait tout (même si j'ai été obligé de lui couper plein de trucs, format oblige) et aurélie grand, ben, elle est marrante, et ça tombe bien, c'est ce qu'on lui demandait... j'aime bien son dessin, il est à la fois rond et perçant..

"Benjamin Franklin" de Michel le Bourhis et Aurélie Grand. Collection "T'étais qui, toi?" Actes sud Junior.

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10 octobre 2010

Sitting Bull

Coucou... nouvelle livraison de "t'étais qui, toi?" (ma collection de biographies historiques chez actes sud junior) avec un personnage qui me fascinait quand j'étais môme: Sitting Bull. C'est Claude Carré, auteur qui a publié de nombreux textes chez actes sud, dont "sérial qui leurre", qui a écrit la biographie du grand chef.. et les dessins sont du Ronan Badel. C'est un illustrateur que j'aime beaucoup, à la plume vagabonde, et je l'apprécie tellement qu'on sort un livre ensemble, dans quelques jours " la légendaire histoire des soeurs Flûte" chez gallimard-giboulées. Voicic le projet de couverture, qui restitue bien le côté "me marche pas sur les pieds" du personnage.

Dans cette collection, j'essaie d'équilibrer les époques, les connus, les moins connus, les gentils les pas gentils, les hommes les femmes , les personnages occidentaux ou non... Sitting Bull est emblématique du combat des indiens dans le sens qu'il est à l'exacte transition entre un monde qui disparait et un monde qui se construit. Son combat est juste, on ne peut que être d'accord avec lui, mais il est balayé en quelques années par un espèce de progrés violent, égoïste, et dévastateur... petit détail : quand j'en parle aux enfants, quasiment personne ne le connait. La mode des indiens doit être passée. Quand j'étais môme dans les années 70, on était plein à connaitre 5 ou 6 noms de chefs indiens... bon, j'allais jusqu'à mettre des photocopies de photos de chefs indiens sur les murs de ma chambre... (mon préféré était chef joseph pour le destin et crazy horse pour la bagarre...)

"Sitting Bull" de Claude Carré et Ronan Badel. Collection "t'étais qui, toi?" actes sud junior.

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07 septembre 2010

Petit camarade!

l'espèce de tueur au fond du bar, avec les yeux de fou et le nez d'aigle, c'est moi. Enfin, c'est censé être moi. En tout cas, c'est comme ça que me voit le regretté Guillaume Long (je dis le regretté, parce que je regrette de l'avoir rencontré). Le dessin rouge en tout cas est issu du "Staline" qui va sortir en octobre prochain dans la collection que je dirige chez actes sud junior, écrit par Irène Cohen-Janca. C'est je pense, la seule biographie pour enfants du "camarade", et je vous cache pas que c'est une gageure de raconter la vie d'un dictateur sanglant aux enfants de 10-12 ans. (Dans la même forunée sortiront "benjamin franklin" et "sitting bull" qui viendront s'ajouter à "de vinci, de gaulle et agrippinne")

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